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AIT. Etr., Rome, 937, pièce

4. AIT. Etr., Rome, 937, pièces 14-15 : réponse du pape à l'empereur, 7 octobre 1804.

Driault. — Italie. 18

Rome; il voulut se servir de l*Église pour ajouter à sa gloire impériale lorDement suprême d une conflrmation divine, mais il ne voulut pas servir TÉglise; c'était toujours la politique du Concordat.

C'était aussi toujours le n^ème malentendu avec la papauté, le même accord extérieur, la même rivalité profonde, la continuation et l'aggravation du même conflit historique.

Le pape consentit à se déplacer, pour le bien de la religion ; il se souvint que, le 28 juillet 75&, le pape Etienne II avait sacré Pépin le Bref à Saint-Denis; il lui plut de renouveler les souvenirs carolingiens, plus même que Napoléon ne le désirait. Il n'abandonna rien des prétentions de TÉglise; il ne reconnut rien des articles organiques, ni de la formule du serment sur la liberté des cultes; il fit au contraire enregistrer là-dessus des concessions, des apparences au moins de renonciations. Avec ses conseillers très pénétrants, comme Consalvi, il nota le profit à recueillir de la cérémonie où l'Empereur ne pouvait se passer de lui; il sacrera et couronnera l'Empereur; Napoléon sera Empereur par lui, le chef de TÉglise catholique : solennelle preuve de' la prépondérance de la papauté! Qu'importe une formule sur la liberté des cultes auprès d'un si grand spectacle, le pape faisant un empereur! 11 a restauré par le Concordat l'Église de France ; il va restaurer l'Empire d'Occident, comme au temps de Charlemagne, où ce fut le premier triomphe de la théocratie : quelle plus grande gloire pour la papauté, après tant de siècles d'impuissance, au lendemain du siècle de la philosophie !

L'entente ne s'était pas foite entre Rome et Paris sur la date du sacre. La date du 18 brumaire était devenue impossible par tous les retards qu'avait subis la négociation. Le pape résolut de partif le 3 novembre; il arriverait à Paris dans les premiers jours de décembre, et sans doute la cérémonie aurait lieu le jour de Noël, comme il l'avait désiré; il se réjouissait que par là le souvenir de Charlemagne s'imposât à tous les esprits : cela autorisait quelques espérances.

Mais, le 15 octobre, Talleyrand écrivit au cardinal Fesch que la date venait d'être fixée par l'Empereur au dimanche 2 décembre; l'abandon du 18 brumaire était, disait-il, un grand sacrifice de la part du gouvernement français; il était impossible de consentir à un plus long délai « lorsque toute la France déjà était en mouvement; il ne fallait pas que l'impatience publique fût encore Irompée » . Fesch devait donc prier le pape de hâter son voyage de manière à arriver à Paris avant la fin de novembre*.

Ainsi la date du 2 décembre fut une conciliation entre le 18 brumaire et Noël.

Le pape se plaignit à cette nouvelle; mais il céda, lorsqu'on lui eut dit que tous les ordres étaient donnés sur la route pour la préparation des relais. Il promit de tâcher d'arriver à Paris le 25 novembre. D'ailleurs cela ne dépendait pas de lui ; dès qu'il fut sur le territoire de la République Italienne, à plus forte raison sur le territoire français, ses voitures furent poussées sans répit de poste en poste, avec une inexorable exactitude. On le fit galoper, dit Consaivi, comme un aumônier que son maître appelle pour dire la messe *.

Il put rester un jour à Florence, où la reine d'Étrurie lui fit Taccueil le plus honorable. Il n'eut pas d'autre repos, et la voiture roula dès lors impitoyablement sur la route de Paris. Il résista à la fatigue inévitable dans de pareilles conditions. Fesch fut moins heureux; il était le directeur de cette course, l'introducteur naturel du Saint-Père en pays français; il dut s'arrêter à San Quirico en Étrurie, par suite d'une inflammation de la gorge et d'une forte fièvre; il put rejoindre le cortège pontifical à Plaisance. Le cardinal Borgia mourut à Lyon d'une inflammation de poitrine. Il n'y eut pas d'autres victimes *.

En route vers Lyon le pape reçut une lettre de l'Empereur : « Très Saint Père, j'ai appris avec une vive joie, par la lettre de Votre Sainteté datée de Turin, qu'elle était en bonne santé. Il me tarde d'apprendre de quelle manière elle a supporté le passage des montagnes. Je me flatte que dans cette semaine j'aurai le bonheur de la voir et de lui exprimer les sentiments que j'ai pour

!. AfT. Etr., Rome, 937, f 27.

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