‹ Napoléon en ItalieChapitre 177 sur 423 · AtT. Etr., Rome, 937, f · texte numérisé non relu

AtT. Etr., Rome, 937, f

elle. Me rendant à mon palais de Fontainebleau qui est sur la route, je me trouverai, par cette circonstance, en jouir un jour plus tôt. Sur ce je prie Dieu qu'il vous conserve, Très Saint Père, longues années au régime et gouvernement de notre mère laSainle Église. Votre dévot (ils, Napoléon*. »

En approchant de Fontainebleau, le pape put donc s'attendre à quelques honneurs dus à sa dignité. Il rencontra sur la route, entre Nemours et Fontainebleau, au carrefour de Saint-Herem, un équipage de chasse; c'élait l'empereur botté, éperonné, au milieu d'une meute de chiens. La voiture du pape s'arrêta; le pape descendit, enfonçant dans la boue son pied chaussé de soie blanche ; il alla vers l'Empereur, et ils s'embrassèrent. Napoléon offrit au pape de le ramener à Fontainebleau dans sa propre voiture; ils y montèrent ensemble; l'Empereur s'arrangea pour prendre la place de droite, la plus honorable selon l'étiquette ; son hôte, même s'il n'eût pas été le Saint-Père, avait droit à d'autres égards. Ils entrèrent dans Fontainebleau avec une escorte de Mameluks. Napoléon se vengeait, par ces petits procédés, du besoin qu'il avait ou qu'il croyait avoir du prestige moral de la papauté; il se promettait bien de ne pas laisser effacer son prestige impérial. Toutes ces précautions montrent assez la crainte qu'il avait que l'Église ne parût aux yeux des populations plus grande et plus imposante que lui-même. Joseph de Maistre, égaré par la passion, ne vit que ces humiliations infligées à la papauté, c Quand une fois, dit-il en parlant de Pie VII, un homme de son rang et de son caractère oublie à ce point l'un et l'autre, ce qu'on doit souhaiter ensuite, c'est qu'il achève de se dégrader jusqu'à n'être plus qu'un polichinelle sans conséquence ^. » Joseph de Maistre se trompait : ces humiliations ne dégradaient que Napoléon; le pape avait traversé l'Italie et la France parmi les peuples à genoux, courbés sous sa bénédiction. Il y avait de la jalousie dans la conduite de l'Empereur.

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