‹ Napoléon en ItalieChapitre 187 sur 423 · Melzi, II, 216 (11 juillet · texte numérisé non relu

Melzi, II, 216 (11 juillet

à son auteur avec quelques réOexions pour le faire changer d'avis et le conseil de venir lui-même à Paris *.

En effet, il ne semble pas que l'Empereur ait eu à répondre à ces plaintes nouvelles de Melzi. Toute la Consulte de Milan fut invitée bientôt à venir à Paris pour le sacre.

Cependant à Paris on n'attendait pas les vœux de la Consulte pour s'occuper de la question italienne. Thiers ^ a une façon toute simple d'expliquer cela : Napoléon, dit-il, ne larda pas à se fatiguer des réflexions assez amères et des plaintes très déraisonnables de Melzi, où il aperçut beaucoup plus le désir de se ménager une espèce de popularité que l'intention de travailler en commun à la constitution future de l'Italie; sans donc se tourmenter davantage de toutes ces réclamations chagrines il prit peu à peu le parti de convertir cette république en monarchie vassale; il savait que l'Italie serait contente d'avoir un roi, car « les changements sont toujours agréables aux imaginations inquiètes >». Et voilà pourquoi Napoléon est devenu roi d'Italie.

On se persuadait bien en effet dans l'entourage politique de Napoléon qu'il n'avait pas à s'occuper des désirs des Italiens. « On peut constituer comme on voudra la Lombardie» y disait-on ; le régime monarchique est de toutes les formes celle qui lui convient le mieux. Elle n'est pas fondée à réclamer comme un droit de se donner un roi et des lois. Elle était province dépendante avant la guerre; elle a été conquise, elle a subi toutes les conditions qu'on a voulu lui imposer; elle obéira au roi qu'on lui donnera; elle sera bien aise qu'on la dispense de faire ses lois. Ce qu'elle a le droit d'exiger, c'est une administration conforme à ses besoins, propre aux localités et qui lui garantisse que les impositions qu'on prélèvera pour la défendre ou pour la gouverner ne seront pas au-dessus de ses moyens ^. »

C'est la nette affirmation du droit de conquête et, en dépit des apparences, c'est bien le seul que Napoléon a toujours appliqué à l'Italie. Elle était son bien, deux fois gagné par l'épée, il ne Taliéna jamais. Elle était du reste l'un des éléments, presque Télément principal de l'édifice impérial qu'il construisait.

î. Melzi, II, 221. —AIT. Etr., Gorr., Milan, n» 60, pièce 294.

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