‹ Napoléon en ItalieChapitre 188 sur 423 · AIT. Etr., Ck>rr., Milan, n"* 60, pièce 304 bis · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Ck>rr., Milan, n"* 60, pièce 304 bis

Quelques jours avant Tentrée du pape à Paris, Meizi et la Consulte de Milan y arrivèrent eux-mêmes, après un voyage fatigant; ils descendirent de voiture au milieu de la nuit. Napoléon rapprit, et tout de suite manda près de lui MeIzi, avec lequel il tint une conversation de plus de quatre heures*. Il en remit d^ailleurs les conclusions à plus tard. Le sacre eut lieu le 2 décembre. 11 renouvela le souvenir des temps de Charlemagne. Charlemagne avait pris la couronne de fer des rois lombards avant de devenir empereur; Napoléon ne pouvait être vraiment empereur, après le sacre pontifical, que s'il prenait aussi la couronne d'Italie. Otton le Grand, le fondateur de l'Empire romain germanique, était venu prendre ensemble en Italie la couronne lombarde et la couronne impériale. C'est un fait historique que la couronne que donne le pape est le symbole de la domination de l'Europe occidentale, qu'elle a un caractère en quelque manière universel, comme la religion catholique elle-même : un empereur n'est pas un roi, il y a un roi pour chaque nation; un empereur gouverne les nations; il règne en principe sur le monde (dominus mundi), il ne peut y avoir en vérité qu'un empereur. N'est-ce pas aussi la vieille tradition de l'empire romain?

Est-il nécessaire de chercher ailleurs les causes de la formation d'une nouvelle coalition contre Napoléon? La cause suffisante est dans son titre impérial, parce que pour lui ce n'était pas un vain titre et qu'il prétendait lui donner tout son sens.

Certes la diplomatie de l'Angleterre et ses promesses de subsides contribuèrent puissamment à armer encore une fois l'Europe contre la France; mais elle n'y aurait peut-être pas réussi si Napoléon n'avait pas, de son côté, justifié par ses entreprises toutes les inquiétudes. Car il lui reste toujours la principale part de la responsabilité dans les longues années de guerre qui suivirent son avènement au trône impérial et qui y étaient renfermées en germe.

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