Aff. Etr., Corr., Vienne, 376, 24 janvier
paraissait vraisemblable à tous que Napoléon ne garderait pas le titre de Président de la République et évident qu'il ne renoncerait pas à l'Italie.
Le l®** janvier 1805, Napoléon écrivait * : « Au sérénissisme et très puissant Empereur, Monsieur mon frère, l'Empereur des Romains, Empereur héréditaire d'Autriche. — Monsieur mon frère, plein de confiance dans les sentiments que V. M. I. a bien voulu me témoigner, je m'empresse de lui écrire directement pour l'instruire des nouvelles circonstances qui m'ont mis à même de lui donner une preuve de ma considération et du prix^ue j'attache à l'union de nos deux États. De concert avec le gouvernement de la République italienne j'ai cédé tous mes droits sur ce pays, que j'avais depuis la Consulte de Lyon, à mon frère Joseph que j'ai proclamé roi héréditaire de cette contrée, avec la clause de renonciation à la couronne de France, comme cela fut fait au commencement du siècle dernier pour Philippe V, de manière que les deux couronnes ne puissent être réunies sur une môme tête. J'ai sacrifié ma grandeur personnelle, j'ai affaibli mon pouvoir, mais j'en serai amplement récompensé, si je puis avoir fait quelque chose d'agréable à Votre Majesté. » Puis il invitait l'Empereur d'Autriche à ne pas continuer à former de nouvelles armées dans la Carniole et le Tyrol, ce qui obligeait la France à en faire autant sur le Rhin et en Italie; et il le mettait en garde contre les instigations des Anglais qui avaient seuls la volonté de troubler la paix.
Le 2 janvier Napoléon écrivit aussi au roi d'Angleterre, au roi d'Espagne, au roi et à la reine de Naples; il leur donna les assurances les plus pacifiques, mais il ne leur parla point de son intention de donner le trône deLombardie à Joseph. Cette communication fut spéciale à l'Autriche '^ Elle fut précisée le 2 janvier aussi par une dépêche de Talleyrand à La Rochefoucauld, qui devait « faire ressortir devant le gouvernement autrichien le désintéressement de Sa Majesté et préparer la Cour de Vienne à voir de bon œil toutes
t. Corr., X, 8250.