AIT. Etr., Gorr., Vienne, 376, 12 niv
termes il faudra que le nouvel élat de choses soit soumis à TapprobatioD de la nation italienne elle-même.
Cobenzl continuait: « La renonciation du prince Joseph à la couronne de France et la clause qu'elle ne sera jamais réunie à celle du nouveau royaume qu'il est question d'établir sont assurément des points essentiels et qui contribuent à en empêcher la dépendance immédiate de l'Empire français; mais la considération qu'elle n'en formerait pas moins une partie du domaine de la maison régnante en France semble ne rendre que plus indispensables des arrangements propres à éloigner toute dépendance de fait. On connaîtles alarmes que l'établissement d'une branche cadette des Bourbons sur le trône d'Espagne causa jadis à toute l'Europe et l'on sait que l'indépendance de fait des deux branches fut établie de la manière la plus assurée. »
L'Autriche demandait encore des éclaircissements sur le sort des autres Républiques de l'Italie, sur les limites du nouveau royaume : « Co-garante, par le traité de Lunéville, de l'état de choses qu'il s'agit de changer, il lui était impossible d'adhérer à des arrangements dont elle ne connaissait ni le mode ni l'étendue * ».
Huit jours plus tard, le 10 pluviôse, La Rochefoucauld annonçait que sans doute le changement en faveur de Joseph ne souffrirait pas de grandes difficultés, mais qu'il fallait s'attendre à ce que rAutriche demandât en compensation une augmentation de territoire, par exemple Mantoue : ce n'étaient d'ailleurs encore que des bruits vagues qui couraient parmi les chefs du gouvernement'.Talleyrand relevait aussitôt vigoureusement ce qu'il y avait i' inconvenable (sic) dans une pareille insinuation. « La France n'acquiert pas le plus léger accroissement de territoire ou de force. Vous ne devez pas laisser subsister une prétention aussi peu fondée que celle qu'aurait la cour de Vienne de tirer pour son propre compte avantage de quelques dispositions organiques qui seraient prises dans la République Italienne et qui par leur nature ne devraient qu'être agréables à l'Autriche'. »
Talleyrand écrivait cela le 7 ventôse (26 février 1805) et, à cette date, il y avait déjà longtemps que la combinaison Joseph avait
1. Aff. Btr., Corr., 316, 3 pluv. : La Uochefoucauld à Talleyrand.