‹ Napoléon en ItalieChapitre 193 sur 423 · Aff. Etr., Corr., Vienne, 376, 7 ventôse · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Corr., Vienne, 376, 7 ventôse

aïO MILAN (i80l2*'1805)

été abandonnée. Elle avait duré assez longtemps pour tenir rAutriche dans Tindécision et la préparer doucement à d'autres changements. Elle aurait dû savoir gré à Napoléon de ces ménagements.

Joseph, en effet, avait refusé la couronne d'Italie.

Voici comment il raconte l'événement, dans le fragment historique qu'il écrivit lui-même en 1830 et qui fait le premier volume de ses Mémoires*. «Quelque temps avant d'accepter cet te couronne pour lui-même. Napoléon me proposa de la placer sur ma tète, à la condition d^ payer à la France un subside annuel de 30 millions qui eussent été consacrés à l'entretien d'une armée de 80000 hommes. M. Meizi vint aussi m'en parler à Mortfontaine *. A mon retour à Paris (c'était un dimanche), aux Tuileries, l'archichancelier m'en parla comme d'une chose convenue, qui lui avait donné quelque peine, mais enfin qu'il était parvenu à déterrer l'original de la renonciation qu'on avait exigée de Philippe Velqu il l'apportait à l'Empereur. Celui-ci sortant dans ce moment de son cabinet me parla du projet de la Lombardie.

« Eclairé par l'indiscrétion de Gambacérès, je me montrai récalcitrant, appuyé sur ce que je croyais être mon devoir en restant exclusivement enchaîné à la France; d'autant plus que le vole populaire ne s'étant porté que sur moi et sur notre frère Louis dont la santé était assez chancelante, je ne pensai pas qu'il fût convenable d'éluder le vœu populaire, car enfin sans héritiers il n'y a pas d'hérédité. Napoléon soupçonna l'indiscrétion de Gambacérès; il prit la couronne pour lui-même, ne me conserva aucune rancune pour mon refus ; et depuis, à Naples comme en Espagne, il proposa toujours de me laisser avec la France les rapports que lui-même, les autorités et plus de 4 millions de Français m'avaient donnés.

Or l'éditeur des Mémoires de Joseph, M. Du Casse, louant son héros, ajoute, sans preuve, w qu'outre cette cause le prince Joseph, dans les vues d'une saine politique et surtout dans l'inlérêt des peuples qu'il était appelé à gouverner, n'aurait vraisemblablement (?) accepté cette couronne qu'avec des conditions que •

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