Mém., III
consulter et Temmena plus tard à Naples. Il en résulte que Joseph renonçait à la couronne impériale comme roi d^Italie, c'est-à-dire qu'il ne pouvait pas être à la fois roi dltalie et Empereur; mais si Napoléon venait à mourir sans héritier, Joseph conservait le droit de lui succéder sur le trône impérial, en abandonnant la couronne d'Italie.
Il y a aux archives des affaires étrangères et aux archives nationales plusieurs projets de pactes de famille entre lesquels on peut choisir : l'un donne à Joseph le litre de roi de Lombardie pouVvu qu'il renonce à tous droits sur la couronne de France ; un autre annexe à la Lombardie de Joseph Parme, Plaisance et la partie du territoire génois située à l'est des rivières Trebbia et Lavagna; un autre ne cède que Parme et Plaisance sans territoire génois; un autre déclare, comme Rœderer, que le prince Joseph pourra succéder au trône de France, qu'en ce cas la couronne d'Italie reviendra à la descendance du prince Louis, que même TEmpereur Napoléon se réserve le droit d'appeler le prince Joseph au trône de France si le bien de son empire l'exigeait *,etc.
Il est impossible de fonder des conclusions fermes sur cette masse de documents contradictoires; il faut s'en tenir aux faits solides qui résultent des Mémoires de Joseph et de la conduite que Napoléon tint ensuite. Il est certain que Joseph reçut l'offre de la couronne d'Italie, qu'il objecta ses droits à la couronne impériale, qu'on causa quelque temps de cette affaire dans les chancelleries ou dans les parlotes de la Consulte italienne alors à Paris, puis que Napoléon renonça à cette idée. Joseph conserva le droit de se vanter dans ses Mémoires, trente ans après, et ses admirateurs le droit de le louer, d'avoir refusé la couronne d'Italie; mais pour qu'on pût affirmer qu'il se posa dans cette occurrence en frère aîné dont Napoléon devait respecter les droits de naissance, et que ce fut Napoléon qui fut « joué » par ce refus, il faudrait que Joseph n'eût pas accepté un an après la couronne de Naples dans des conditions de dépendance pareille. 11 est bien plus vraisemblable, d'après tout ce qui précède, sans que nous puissions donner à cet égard une affirmation sans réserve, que si Napoléon avait absolument tenu à donner l'Italie à son frère,