‹ Napoléon en ItalieChapitre 196 sur 423 · Arch. nation., AF, IV · texte numérisé non relu

Arch. nation., AF, IV

celui-ci ne l'aurait point refusée, mais que Napoléon ne tenait pas à donner Tltalie à qui que ce fût.

Il y a aussi un projet de décret qui fut présenté à la Consulte, en faveur du fils aîné de Louis Bonaparte et d'Hortense Beauharnais *. Napoléon l'adoptait et le nommait roi d'Italie sous le nom de Napoléon II. Mais Napoléon était régent en son nom jusqu'à sa majorité. Même Napoléon préférait rester lui-même roi d'Italie au moins jusqu'à la paix générale, et ne proclamerait qu'alors le jeune Napoléon II. Mais, d'après M. Masson lui môme, Joseph avait refusé la couronne d'Italie le 27 janvier; Louis, mis au courant des honneurs réservés à son fils, se fâcha, déclara qu'il gardait pour lui seul sa femme et ses enfants, qu'il ne voulait pas d'adoption. Cette proposition, cette grande colère de Louis furent l'affaire de quarante-huit heures, et, le 30 janvier, Napoléon, joué par ses frères, se rejeta vers les Beauharnais ^. Tout cela est bien précipité pour être sérieux. Le 1" février, Eugène était nommé archi-chancelier d'État. Il y a même aux Archives un projet de décret nommant Eugène prince de Parme et de Plaisance '.

Nous n'avons pas à prendre au pied de la lettre toutes ces intrigues où les frères de Napoléon se sont donné le beau rôle; il ne nous faut connaître que les faits qui sont ceux-ci. Napoléon a songé à donner la couronne à son frère Joseph ou à son neveu Napoléon II; mais il ne s'est pas tenu à ce dessein. Cela lui permettait de sonder les dispositions de la cour de Vienne, de calculer le degré de son opposition aux arrangements à intervenir en Italie. L'Autriche avait signé le 6 novembre 1804 avec la Russie un traité dont il connaissait mal les conditions; elle avait aussitôt armé; s'il prenait tout d'un coup, avec le trône impérial, le titre aussi de roi d'Italie pour lui-même, n'était-ce pas de quoi hâter contre lui la coalition européenne qu'il redoutait alors? Il n'était pas tellement sûr de la soumission de l'Italie elle-même; il ne fallait pas tout risquer en procédant avec trop de précipitation, et il était aussi souple diplomate que qui que ce fût de son temps. Il dosa en quelque manière l'amertume du coup qu'il porta à l'Autriche. Il manifesta les intentions les plus conci-

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