‹ Napoléon en ItalieChapitre 199 sur 423 · Corr., X, 8443, 8448. — Moniteur, 27-28 vent. XIII · texte numérisé non relu

Corr., X, 8443, 8448. — Moniteur, 27-28 vent. XIII

tenue au Sénat, au palais du Luxembourg, à 2 heures de l'aprèsmidi. Talleyrand y lut son rapport et le décret précédent; Meizi lut le même décret en italien. Les députés italiens présents prêtèrent serment de fidélité à leur nouveau roi.

L'Empereur enfin prononça un important discours*.

« La force et la puissance deTEmpire français, dit-il, sont surpassées par la modération qui préside à toutes nos transactions politiques.

« Nous avons conquis la Hollande, les trois quarts de TAUemagne, la Suisse, Tllalie tout entière; nous avons été modéré au milieu de la plus grande prospérité... L'Allemagne a été évacuée... A peine conquise la Hollande a été déclarée indépendante... La Suisse était occupée par nos armées; la Suisse se gouverne par l'acte de médiation au gré de ses dix-neuf cantons, indépendante et libre... Pour la République Italienne nous avons à Lyon confirmé son indépendance. Nous faisons plus aujourd'hui, nous proclamons le principe de la séparation des couronnes de France el d'Italie, en assignant, pour l'époque de cette séparation, l'instant où elle devient possible el sans danger pour nos peuples d'Italie. Nous avons accepté et nous placerons sur notre tête cette couronne de fer des anciens Lombards pour la retremper et pour la raffermir. Mais nous n'hésitons pas à déclarer que nous transmettrons celte couronne à un de nos enfants légitimes, soit naturel, soit adoptif, le jour où nous serons sans alarmes pour l'indépendance que nous avons garantiedesautresÉtatsde la Méditerranée.»

La position prise par l'Empereur était donc très nette : il prenait la couronne d'Italie; il proclamait le principe de la séparalion des deux couronnes de France et d'Italie ; il céderait la couronne à un fils adoptif ou naturel lorsque le royaume de Naples, les îles Ioniennes et Malte seraient évacués par les armées éurangères. Pour ce cas, il atait préparé devant la Consulte l'adoption de son neveu Napoléon II. Disons tout de suite que cet enfant est mort en 1807, que Malte est encore aux Anglais un siècle après, et quo par conséquent le principe de la séparation que proclamait l'Empereur ne fut pas très compromettant pour l'avenir de ses ambitions.

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