Corr., X
Pour rinstant, il était en bonne posture devant l'Autriche. Il avait le consentement unanime de la Consulte, il ne demandait qu'à garantir l'indépendance définitive de l'Italie, il suffisait que TAutriche l'aidât à obtenir l'évacuation des lies Ioniennes par les Russes, de Malte par les Anglais. Il écrivit en ce sens à l'Empereur d'Autriche * : « Le Statut de la Consulte d'État et des députations des collèges de la République Italienne n'est pas en tout conforme à ce que j'avais espéré, puisque j'avais le désir bien naturel de me décharger d'un fardeau aussi pesant pour moi. Mais le gouvernement de la République Italienne a pensé que tant qu'il y aurait des troupes russes à Corfou et des troupes anglaises à Malte, cette séparation des couronnes de France et d'Italie serait tout à fait illusoire, car il n'y a pas de séparation de couronnes partout où il y a une armée appartenant à une autre couronne, et il n'y a aucune possibilité que l'armée française évacue le territoire de la République Italienne tant que les affaires du Levant ne seront point arrangées. Mais j'ai voulu aujourd'hui réitérer, moi aussi, à V. M. que, mon désir étant d'éviter de nouveaux sujets de guerre, je suis prêt à proclamer la séparation des couronnes de France et d'Italie aussitôt qu'il sera possible d'espérer l'évacuation des îles de Corfou et de Malte, et que, dans aucun cas, je n'ai lé projet ni l'intention de réunir à la couronne de France celle d'Italie. »
Talleyrand écrivait de môme à La Rochefoucauld* de « faire connaître les nouvelles de la Consulte inofficiellement et sans notification. Dans les conversations vous êtes autorisé à dire que l'intention de S. M. I. avait été, en acceptant la couronne d'Italie, delà remettre immédiatement au prince Joseph, son auguste frère ; mais que S. A. I. n'ayant pas voulu renoncer au droit éventuel de succession au trône de France que lui donne la loi de l'Empire français, S. M. n'a point voulu se départir du principe de la non-réunion des deux couronnes de France et d'Italie sur une même tête, et qu'obligée par conséquent de renoncer au projet qu'elle avait formé, elle a dû garder le royaume d'Italie jusqu'au moment qu'elle a invariablement fixé et où elle pourra le