A(T. Elr., Ck)iT., Vienne, 376, r
remettre en des mains uniquement consacrées au gouvernement d'un pays dont la destinée doit demeurer à jamais indépendante de celle de TEmpire français. Vous aurez donc soin de faire ressortir la détermination de S. M. comme étant un hommage au principe de la non-réunion des deux couronnes. » En résumé, Napoléon affirmait la séparation de la France et de l'Italie en réunissant rilalie à la France. On vit rarement diplomatie aussi subtile. Le ministre ajoutait de sa main un post-scriptum : « Je vous répète qu'il ne faut aucune écriture sur tout ceci ». El ce post-scriptum a aussi de l'intérêt.
L'Autriche ne fut pas satisfaite. Elle continua ses armements; une nouvelle organisation de Tarmée fut confiée aux soins des généraux Mack et Latour, réputés les plus ardents partisans de la guerre. L'Empereur François fit des préparatifs de voyage en Italie. L'agent autrichien à Milan, le baron de Moll, répandit le bruit que le refus du prince Joseph ne manquerait pas d'amener une déclaration de guerre; il reçut aussitôt ses passeports et fut invité à quitter la ville*.
Les négociations entre l'Autriche et la Russie prirent une nouvelle activité. Il paraît qu'on agita à la cour de Russie le projet d'un remaniement général de l'Europe contre Napoléon : il s'agissait de fonder un royaume des deux Belgiques, et surtout une confédération italique comprenant le royaume subalpin (Piémont, Gènes, Venise, réunis), le royaume d'Étrurie laissé à TEspagne, le pape et les Deux Siciles. Le chef de la Confédération serait à tour de rôle le roi de Subalpine et le roi des Deux Siciles *.
En attendant, on était fort inquiet en Italie, à la nouvelle des événements du 18 mars et du prochain voyage de Napoléon à Milan. On reprochait au pape d'être allé sacrer l'Empereur à Paris; on répandait dans Rome des petits papiers que Ton collait aux portes des maisons :
Pic (VI) per conservar la fede perde la sede. Pio (VII) per conservar la sede perde la fede.
On faisait circuler la description d'une médaille que Ton disait
1. Corr., X, 8589, 8590. — Arch. nation., AF, IV, 1684 ; Marescalchi à l'Empereur, 20 avril 1805.