Sclopis
Le voyage de Napoléon dissipa un moment ces préventions dans la grandeur du spectacle et les magnificences du couronnement.
L'Empereur quitta Saint-Cloud le 31 mars. Par Troyes, Semur, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Bourg, il arriva à Lyon pour les fêtes de Pâques, auxquelles il assista en grande cérémonie à la cathédrale. Par Chambéry et Modane, il prit la route du mont Cenis et séjourna du 20 au 29 avril dans son château de Slupinigi, près de Turin. 11 s'y rencontra avec le pape qui regagnait Rome.
Puis il vint à Alexandrie, il y reçut les meilleures nouvelles, des lettres très satisfaisantes de Tempereur d'Autriche, du roi de Prusse et du roi d'Espagne au sujet des événements d*ltalie. Il en témoigna une grande joie et ordonna qu'on en fit part aux journaux de Milan, € mais sans affectation » *. — Il ne fallait pas avoir Tair d'avoir craint des complications diplomatiques. — Gela était fait en tout cas pour calmer les esprits à Milan et dans toute ritalie; cela assurait au voyage impérial là sérénité qui convenait. La Russie venait de s'accorder avec l'Angleterre, le 11 avril, comme précédemment avec TAutriche. La troisième coalition se nouait, mais on ne le savait pas encore.
Une armée de 25 à 30 000 hommes avait été réunie d'avance dans la plaine d'Alexandrie « pour s'y enivrer, avec son chef, de l'orgueil de son ancienne gloire, pour puiser une ardeur nouvelle dans la commémoration du passé* ». Napoléon, sur un trône élevé audessus de la plaine de Marengo, y assista à un simulacre de bataille conduit par le maréchal Lannes. L'armée déQla devant lui, rendant hommage à sa grandeur, et lui fit cortège pour la pose de la première pierre d'un grand monument commémoratif. Ce devait être une pyramide toute en grosses pierres, afin d'être à l'abri du temps, à l'image de la grande pyramide d'Egypte, mais de proportions moindres. Elle devait être aussi assez grande pour avoir une belle salle intérieure, obscure, où sur des tables de marbre devaient être écrits les noms des soldats morts. € Je ne verrai aucun inconvénient, écrit Napoléon au maréchal Berthier ', à ce que sur une table de marbre soit le plan figuré de la bataille. Il n'y aura pas besoin d'escalier pour monter sur la