‹ Napoléon en ItalieChapitre 208 sur 423 · Air. Etr., Gènes, n"» 179, f · texte numérisé non relu

Air. Etr., Gènes, n"» 179, f

YÎer 1804, une convention fut signée entre la France et Gênes pour la levée de &000 matelots génois qui furent envoyés à Toulon. Le 24 octobre 1804, une nouvelle convention permit à TErapereur d'armer à Gênes six vaisseaux et d'y lever un nouveau contingent de 6000 matelots ^

En vérité Napoléon n'avait rien à reprocher à la République ligurienne. Cependant il n'était pas content qu'on y répandît de nombreux libelles anglais contre lui ; en France, il savait empêcher ce scandale. 11 ne fut pas content non plus de l'installation à Gênes du baron deGiusti, comme ministre plénipotentiaire de l'Empereur François II. Depuis quatre-vingts ans, l'Autriche n'avait pas accrédité de ministre plénipotentiaire à Gênes, et la nomination du baron de Giusti paraissait être une protestation contre l'influence de la France, une affirmation de l'indépendance de la Ligurie; le nouveau ministre multiplia les manifestations expressives : il se fit accompagner au palais du gouvernement par des ennemis avérés de la France et par deux capucins, à titre d'aumôniers, « célèbres par leurs emportements fanatiques ». Il exigea que le Sénat le reçût en séance publique. Il ne fit de visile à personne, sans doute pour éviter d'en faire à Saliceti; il annonça son arrivée à ses collègues, et notamment à Saliceti, par un simple billet'. Cette façon de souligner l'indépendance de Gènes n'élail assurément pas pour effrayer Napoléon ; elle ne pouvait que l'indisposer. Aussi bien sans doute entrait-il dans ses desseins de régler autrement les destinées de la Ligurie.

Lorsqu'on sut à Gênes que TEmpereur allait faire le voyage d'Italie, le Sénat ligurien exprima le désir de l'aller saluer. Le doge et quelques sénateurs se rendirent à Milan, en même temps que Saliceti; ils y retrouvèrent Fravega venu de Paris dans la suite de Napoléon; le 22 mai, Fravega, en leur nom, adressait à l'Empereur de pressantes prières pour qu'il fît cesser les maux de la Ligurie et les abus qui s'y commettaient sous le couvert de l'administration française : il n'exprimait pas d'autre vœu*.

Cependant dans l'entourage impérial on étudiait le moyen de

Page 1