‹ Napoléon en ItalieChapitre 209 sur 423 · AIT. Elr., Gênes, n» 179, t^ i · texte numérisé non relu

AIT. Elr., Gênes, n» 179, t^ i

•2. AflT. Etp., Gênes, n* 179, f» 174 : dépêche de SaUceti, du 5 brumaire an Xll (27 octobre 1803).

X AIT. Elr., Gènes, n» 179, f 370-386.

réaliser la réuDion de Gênes à TEmpire; on lit dans une note préparée à cet effet : c< Si la réunion de la République ligurienne à la France doit avoir lieu, elle pourrait s'opérer par un décret du Sénat qui serait conçu à peu près dans les termes suivants :

« Le Sénat , considérant la situation de la République de Gênes, l'inutilité de son indépendance, la nécessité de son union à TEmpire français depuis la réunion du Piémont à la France ;

« Considérant que l'État de Gênes, dont l'existence et la prospérité reposent essentiellement sur le commerce, se trouve impliqué dans toutes les guerres maritimes qui s'élèvent entre la France et TAngleterre depuis la déclaration faite à Amiens par le gouvernement anglais qu'il ne reconnaîtrait jamais la République de Gènes que lorsqu'elle aurait repris son ancienne organisation, au rétablissement de laquelle le peuple génois ne pourra jamais consentir;

(( Considérant en outre que les puissances barbaresques qui ont reconnu le pavillon du royaume d'Italie désolent encore l'État de Gènes et qu'enfin, ses communications maritimes anéanties, celles par terre sans cesse incommodées par la ligne des douanes tracées entre la France et la Ligurie menacent son commerce d*une ruine totale qui entraînerait la ruine de la nation;

« A pensé que ce n'était que par la réunion à l'Empire français que l'État de Gênes pourrait sortir de la position pénible dans laquelle il se trouve, rétablir son commerce et recouvrer ses droits et ses privilèges; que si le commerce de Gênes doit suivre les chances du commerce français, il aura du moins cet immense avantage de n'avoir plus de barrières du côté de terre et de pouvoir prendre part un jour aux privilèges que la paix ne peut manquer d'assurer au commerce de France.

« Le Sénat de Gênes croit devoir profiter du voyage de l'Empereur des Français en Italie pour demander la réunion de l'État de Gênes à l'Empire français, sous la condition qu'il ne soit point porté atteinte à l'intégrité de la dette publique, que Gènes conserve la franchise de son port, et qu'il n'y ait plus de barrières ni de douanes entre la France et la Ligurie'. »

i. Âfr. Etr., Gênes, n* i79, ^ 384 : note du 30 noréal an XIII (20 mai 1805\

Ces préparatifs achevés, le « complot impie contre la liberté de Gênes* » s'exécuta.

Le vendredi 2& mai, Saliceti annonça tout à coup à la députation ligurienne à Milan qu'il partait aussitôt pour Gênes afm dy précéder TEmpereur qui allait s'y rendre, disait-il, mardi ou mercredi : ce qui n'était pas exact. Le même jour. Napoléon écrivait au vice-amiral Decrès : < Devant aller à Gênes, et ayant l'intention, entre nous, de réunir Gênes à la France, je serai bien aise de trouver là une autre frégate (outre la Pàmone); faites-en partir une de Toulon ». Aucun Ligurien n'avait encore exprimé le désir de la réunion *.

Le 25 mai, Saliceti présenta au Sénat de Gênes un projet de décret de réunion à la France; ce fut voté séance tenante par 20 voix contre 2 : les autres sénateurs et le doge étaient toujours à Milan. Ce vœu du Sénat fut proposé à l'approbation du peuple ligurien; il y eut partout de grosses majorités : « La réunion, écrivait Saliceti à Talleyrand, me paraît assez bien vue en général; il y a beaucoup de résignation ». Puis, quelques jours après : € J'ai d'excellentes nouvelles de partout. Vous pouvez regarder l'opération comme entièrement consommée; il n'y a pas eu 1 ombre de la plus légère commotion ».

Le 27 mai, la députation ligurienne à Milan demanda à prendre congé de l'Empereur, afin de se trouver à Gênes au moment de son passage. On la retint; elle ne savait rien encore de ce qui venait de se passer en Ligurie. Le 29, elle apprit le vote de la réunion; elle ne manifesta point de surprise; elle s'associa à « un événement aussi heureux' ». L'Empereur fut très satisfait; il écrivit à Cambacérès, le 29 mai : « Le peuple de Gênes parait vouloir sa réunion à la France. Les avantages de celte réunion et les circonstances me paraissent tels qu'ils doivent me faire passer par-dessus les criailleries de quelques puissances. Dans le fait, cela ne peut exciter que l'animadversion de l'Angleterre. » En même temps Talleyrand écrivait à Saliceti et lui transmettait les compliments de l'Empereur sur la manière dont il avait rempli personnellement t la commission qui lui avait été donnée* ».

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