‹ Napoléon en ItalieChapitre 210 sur 423 · Air. Etp., Gènes, n'» 179, f · texte numérisé non relu

Air. Etp., Gènes, n'» 179, f

4. Corr., X, 8806. — Aff. Etr., Gênes, n» 179, f- 406, 448-449.

Quelques jours après, il lui disait encore, en parlant de Gônes : « Un pays dont on vous doit la réunion ». •

Saliceli fut invité à faire partir pour Milan une nouvelle dépulation ligurienne chargée de porter à l'Empereur le vœu de la nation; il convenait qu'elle y arrivât avant le départ du doge, attendant toujours son audience de congé; car, disait Talleyrand, « l'adjonction du doge à la députation servirait encore à mettre dans une plus grande évidence l'assentiment unanime de la magistrature et du peuple génois au vœu qui vient d'être émis ».

Il fut ainsi fait, la députation ligurienne et le doge furent reçus par l'Empereur le 4 juin. Napoléon leur dit : « Dès le moment où l'Europe ne put obtenir de l'Angleterre que le droit de blocus fût restreint aux places vraiment bloquées, dès le moment que le pavillon des faibles fut sans défense et livré à la piraterie des Barbaresques, il n'y eut plus d'indépendance maritime; et dès lors les gens sages prévirent ce qui arrive aujourd'hui. Où il n'existe pas d'indépendance maritime pour un peuple commerçant, naît le besoin de se réunir sous un plus puissant pavillon. Je réaliserai votre vœu : je vous réunirai à mon grand peuple'. »

Le 6 juin fut promulgué le décret d'organisation de la ci-devant République Ligurienne ; elle fut divisée en trois départements : Gènes, Montenotte, les Apennins. Elle eut une cour d'appel; elle fit partie, avec le département de Marengo, de la 28* division militaire. Toutes les douanes furent supprimées du côté de la France; toutes les barrières furent abaissées. La réunion fut immédiatement complète. Champagny, puis l'architrésorier Lebrun, furent chargés d'assurer dans les meilleures conditions le changement de régime : il n'y eut pas de graves difficultés*.

Il restait à informer les gouvernements étrangers. Dès le 1" juin, le gouvernement ligurien avait remis au baron de Giusti, ministre d'Autriche, la note suivante rédigée par Talleyrand : « Le décret qui a réuni le Piémont à la France a par cela même réuni à l'Empire notre territoire et notre ville qui n'est que le port du Piémont... Cette réunion est l'effet d'un sentiment unanime et tel qu'il n'en a jamais existé chez aucun peuple. Une députation part ce soir pour Milan, et lorsqu'elle aura franchi les

Page 1