‹ Napoléon en ItalieChapitre 213 sur 423 · Botla, V · texte numérisé non relu

Botla, V

la France jusqu'au Rhin et toute l'Italie du Nord, est déjà autre chose qu'un Empire français, est un progrès décisif vers Y Empire^ donc une menace pour l'indépendance des rois voisins et de la papauté même. Car il faut unir dans la même pensée, pour leur donner toute leur valeur politique et historique, le séjour de l'Empereur à Aix-la-Chapelle et Mayence en septembre 1804, le sacre de Notre-Dame de Paris du 2 décembre 1804, et le couronnement de Milan du 26 mai 1805. Ces trois faits, que Napoléon a enveloppés dans le glorieux souvenir de Charlemagne, ac^àvent la reconstitution de TEmpire d'Occident. Il n'y manque rien d'essentiel : l'Allemagne jouit de « la généreuse protection de Napoléon; ses princes ont aujourd'hui plus d'éclat et de splendeur que n'en ont jamais eu leurs ancêtres * ». Le pape n'a pas couronné Napoléon; mais il l'a sacré comme son illustre prédécesseur. La couronne de fer est posée sur le front du nouvel empereur. Il y a là pourtant quelque chose de plus que dans l'empire carolingien : il y a la puissance révolutionnaire, qui a grandi Napoléon comme la puissance ecclésiastique avait grandi Charlemagne, qui a écrasé les rois, qui n'épargnera pas les empereurs, pas même Napoléon, quand elle se retournera contre lui.

1. Gorr., X, 8849. Discours de l'Empereur au Sénat le 18 mars 1805.

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