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CHAPITRE XIII

I. — La reine, chef du ministère à Naples. — Les Anglais en Sicile. — Napoléon refuse d'évacuer le territoire napolitain. — Retour des Jésuites.

— Excitation des esprits à Naples en janvier 1805. — Correspondance entre Napoléon et la reine Marie-Caroline.

II. — La question du royaume d'Italie. — Négociations deTalleyrand et Gallo.

— Explications du gouvernement français. — Le chargé d'affaires Edouard Lefebvre à Naples. — La réception du prince Cardito à Milan par Napoléon.

UL — Colères à Naples. — La diplomatie européenne dans Tété de 1805 : l'Autriche et Naples au centre de la coalition anglo-russe. — Les armements autrichiens. — Formation de la troisième coalition (9 août 1805).

IV- — Napoléon, pour des raisons surtout militaires, offre une convention de neutralité au gouvernement napolitain ; signature de cette convention (21 septembre). — La notification,

V. — Accord persistant de Naples avec les Anglais et les Russes. — Arrivée et débarquement des troupes anglo-russes. — Les nouvelles de Trafalgar.

— Puis les nouvelles. d'Austerlitz. — La proclamation de Schœnbrûnn.

Quelque temps avant la chute d'Acton, la reine Marie-Caroline avait rompu, dit Alquier, son ancienne liaison avec le commandeur Ruffo; il avait échangé les fonctions de favori contre celles d'ambassadeur à Vienne; cette place était bien moins une récompense de services qu'une retraite donnée fort à propos à un homme qui véritablement n'était plus bon. à rien.

Il était remplacé par M. de Saint-Clair, un Français né en Bourgogne, autrefois officier aux gardes françaises, devenu capitaine dans la garde du roi; il avait trente-huit ans, un caractère aimable et doux, un esprit très médiocre, mais une santé de fer. Toute l'affaire avait été conduite par la comtesse de Zich, amie intime de la reine, et s'était terminé dans un voyage à Caserle*.

Pendant plusieurs mois, la reine, toujours distraite, n'accorda plus que de brèves minutes aux affaires les plus graves; tout entière à sa liaison d'amour, elle s'y abandonnait sans mesure comme sans décence, avec un délire qui aurait compromis une étourdie de vingt ans. Saint-Clair n'avait pas d'ambition; dépourvu de tout talent, il n'aurait même pas eu celui de répondre aux vingt billets que la reine lui écrivait chaque jour, si l'abbé de Saint- Sernin, ancien grand-vicaire de Cahors, n'avait pris la peine de les lui dicter. Cet abbé était certainement l'homme le plus occupé des deux royaumes : confident à la fois du favori de la reine et de la maîtresse du roi, il était auprès d'Alquier l'espion de la reine, auprès de laquelle il rendait à Alquier le même genre de service*.

L'ambassadeur de France avait espéré un moment que cette passion nouvelle pouvait être employée contre le crédit d'Acton, dont l'autorité était parfois insupportable à la reine. EJle n'aimait pas la France, elle détestait la Révolution; mais elle ne portait aucun intérêt aux princes français; elle haïssait le comte de Provence, disait-elle à 'Alquier, « comme le plus méchant et le plus faux des hommes », et elle le méprisait « comme le plus lâche ». — <c Je regarderai toujours comme une personne vile le prince qui à l'époque des États-Généraux forma le projet de faire déclarer bâtards les enfants de son frère et de faire envoyer la reine hors de France afin de s'assurer plus facilement la lieutenance générale du royaume.... Mme Adélaïde m'a tout dit et m'a donné des détails affreux^ »

Alquier estimait qu'on pourrait même la détacher des Anglais si on la rassurait sur la crainte qu'elle avait d'être « avalée par le premier Consul i», comme elle disait.

Mais -précisément elle était trop ambitieuse et orgueilleuse du

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