‹ Napoléon en ItalieChapitre 216 sur 423 · Air. Etr., n · texte numérisé non relu

Air. Etr., n

chérie, de faire fermer ce b... » et la chose fut répétée mot pour mot à la reinç. Nelson aussi intervint, et ses sollicitations en faveur d*Acton avaient du poids, car outre les services qu'il avait autrefois rendus, il était alors chargé de tous les intérêts politiques ou militaires de TAngleterre dans la Méditerranée; il élait, ditAIquier, le régulateur unique. On pouvait penser qu'EUiot et Nelson obtiendraient assez aisément le retour d'Âcton, et l'ambassadeur de France demandait des instructions à son gouvernement pour ce cas très vraisemblable ; il sollicitait la permission de quitter Naples aussitôt.

Le roi, dérangé par tout ce bruit dans ses amusements ordinaires, le reprochait à la reine, et tous deux scandalisaient la cour des scènes inconcevables qui éclataient entre eux et qui les forçaient souvent à cesser de se voir pendant plusieurs jours, et Alquier lui-même avouait : « Il faut quelqu'un, ne fût-ce que pour se jeter au milieu de ces disputes honteuses qui déshonoreraient un ménage bourgeois. Cette pénible médiation était Toccupation la plus sérieuse du chevalier Acton et celle qui lui prenait le plus de temps, il me Ta dit vingt fois*. »

Ce grand tumulte pourtant n'eut pas de suite. Le roi retourna à la chasse, laissa la reine au palais. Les Anglais cessèrent d'exiger le rappel d'Acton quand ils furent certains que leurs intérêts ne souffriraient point du nouvel état de choses, que la reine ne changerait pas la politique de son prédécesseur. Acton d'ailleurs ne cessa pas d'exercer une grande influence sur le gouvernement napolitain; de Palerme il eut une correspondance assidue avec Naples, par l'intermédiaire des vaisseaux anglais. Même les Anglais y gagnèrent : il fui impossible aux agents français de les surveiller en Sicile; ils vinrent à Palerme de plus en plus nombreux ; ils eurent des troupes sur divers points; il fut impossible à Napoléon d'en savoir jamais le chiffre exact; il s'aperçut seulement peu à peu que la Sicile était devenue le quartier-général des Anglais de la Méditerranée, et qu'ils y occupaient une situation bien plus forte que lui-même dans le royaume de Naples. Il est vrai qu'il put bientôt rétablir cet équilibre.

Aussi bien, pour la coalition qui peu à peu se formait contre la

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