‹ Napoléon en ItalieChapitre 217 sur 423 · Afr. Etr., n" 129, T · texte numérisé non relu

Afr. Etr., n" 129, T

France, n'était-ce pas le moment de compromettre ses avantages par des querelles à Naples. Naples était le point de rencontre des Anglais et des Russes, en avant de Malte et de Corfou, le point de suture de leur alliance. Elle était presque achevée.

Les Russes envoyaient quelques renforts à Corfou. Ils exigeaient la retraite des troupes françaises du territoire napolitain; ils menaçaient de débarquer eux-mêmes à Naples.

Napoléon y répondit par d'actifs mouvements de troupes. « Mon cousin, écrivit-il à Berthier, le 3 septembre 1804, mon intention est de renforcer le corps du général Saint-Cyr, non que je croie que dans sa force actuelle il ait rien à craindre des Napolitains ni des Russes, qui, selon les renseignements que j'ai, ne sont pas forts de plus de 7 000 hommes à Corfou. Cependant vous préviendrez le général Saint-Cyr et le général Jourdan que si jamais les Russes envoyaient garnison à Naples, sans attendre aucun ordre, sans perdre une minute, le premier doit se diriger avec son corps d'armée sur Naples pour les en chasser. » Pour cela la garnison de Pescara devait être mise en mouvement, remplacée par des troupes de Rimini et de Parme, celles-ci par des troupes de Gênes et de Lodi, celles-ci enfin par des troupes de Parme. Un méthodique roulement portait ainsi des forces nouvelles jusqu'aux extrémités des pays soumis à l'action de Napoléon ^

Le gouvernement napolitain, appuyé par les Russes, faisait les mêmes efforts pour se dégager de l'occupation française. Le roi lui-même en écrivait à l'Empereur; la reine assurait à Âlquier que les dispositions étaient désormais à Naples excellentes à l'égard de la France, que le départ d'Aclon en devait être une preuve suffisante'; elle rappelait que jadis le Premier Consul avait dit que la cause de l'occupation du pays napolitain par des troupes françaises était la défiance que lui inspirait le gouvernement de ce pays dirigé par un Anglais. Elle déclarait que les troupes russes de Corfou n'étaient destinées qu'à empêcher une marche des Français sur le levant et qu'il n'avait jamais élé question de les débarquer à Naples; le gouvernement russe était décidé à ne pas intervenir même si les Français occupaient la ville de Naples. « Tout cela est-il bien sincère? » observe Alquier.

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