‹ Napoléon en ItalieChapitre 218 sur 423 · Aff. Elr., Naples, n · texte numérisé non relu

Aff. Elr., Naples, n

Quoi qu'il en soit, le gouvernement napolitain offrait, si les troupes françaises étaient rappelées, de payer un subside de six millions, de s'engager à faire cause commune avec les Français pour repousser les Russes en cas de débarquement. N*était-il donc pas toat à lait sûr que les Russes ne débarqueraient pas*?

Napoléon fit faire à cette démarche la réponse la plus nette. Il refusa naturellement le subside proposé : « La présence des troupes françaises à Naples n'est pas un objet de spéculation. Ces troupes recevant la solde et les masses d*habillement du trésor impérial coûtent à peu près autant à la France que si elles étaient dans Tintérieur, et leur éloignement a de plus les inconvénients d'une administration compliquée et d*une exportation constante de numéraire. Les troupes de Sa Majesté, continuait Talleyrand, ne sont pas à Naples pour un motif d'économie, mais pour toutes les considérations de dignité, d'honneur, de sûreté et de prudence qui entrent dans toutes les grandes déterminations de l'Empereur et qui rendent par là môme ses déterminations invariables. » El' le ministre rappelait que Malte n'ayant pas été évacuée, la réoccupation de Naples était devenue une suite de la mauvaise foi de l'Angleterre; les Anglais étant menaçants pour Tltalie, la France devait la protéger; les Russes menaçants à leur tour, il était nécessaire de renforcer les iroupes françaises. De plus le gouvernement français ne croyait pas trop à Taffirmation que la cour de Naples était étrangère aux mouvements des Russes dans la mer Adriatique : car pourquoi les intimes liaisons de M. de Castelcicala avec M. de Woronzof à Londres? pourquoi les déclamations indécentes, les clabauderies publiques de M. de Serra-Capriola, le ministre napolitain à Saint-Pétersbourg?... Il faut que M. de Serra- Capriola soit rappelé, que le gouvernement napolitain sache qu'il peut avoir à regretter toute relation intime avec la Russie. » (19 novembre 1804 '.)

Sous cette nouvelle pression des troupes et de la politique française, la cour de Naples tenta encore un effort de résistance. Elle allait de la colère à la soumission, de la soumission à la colère, selon les chances plus ou moins grandes d'un accord définitif entre les alliés. Elle crut que la Russie riposterait aux derniers mouve-

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