‹ Napoléon en ItalieChapitre 223 sur 423 · Corr., X · texte numérisé non relu

Corr., X

lutioD, disait-elle, de ne jamais nous mêler aux luttes des grandes puissances, mais aussi de ne point nous laisser écraser sans nous défendre, ne fût-ce que pour finir notre existence avec honneur *. » Ce furent les dernières correspondances échangées entre l'Empereur et la reine Marie-Caroline. Il en résulte que si Napoléon avait dès lors en son esprit la pensée de la « prophétie » dont il faisait part à la reine, il n'avait pas encore la volonté arrêtée de l'accomplir. Il n'aurait pas pris la peine de ces avertissements s'il ne les avait pas espérés efficaces. Celte espérance ne dura pas.

Dans le temps même où s'échangeait cette correspondance, le conflit décisif s'engageait entre les deux adversaires. Dès le 5 janvier 1805, M. de Gallo écrivait à sa cour, selon les bruits qui couraient à Paris, que Joseph Bonaparte avait accepté la couronne de Lombardie à condition que le Piémont serait annexé à ce nouveau royaume; on racontait encore que le couronnement aurait lieu au printemps à Milan, que Leurs Majestés Impériales accompagneraient le nouveau roi dans sa capitale, qu'on devait faire apporter de Monza la couronne de fer qui avait autrefois appartenu au roi Baudoin*. 11 y avait du vrai dans ces nouvelles, mais non pas tout.

Puis on annonça le refus de Joseph, et qu'il était question de Louis Bonaparte. Puis il se fit un grand silence, de deux mois.

La cour de Naples fut aussitôt très inquiète. La création d'un royaume d'Italie, fût-ce pour Joseph ou pour Louis, était pour lui donner de l'ombrage. C'était l'établissement définitif des Bonapartes en Italie; il était vraisemblable que, soutenue par la France, leur puissance serait redoutable aux intérêts des Bourbons. On pouvait se demander aussi quels liens ce nouveau royaume conserverait avec la France, s'il en serait réellement indépendant, quelle serait son étendue, s'il n'absorberait pas une

!. Arch. nation., AF., IV, 1685, 5* dossier; — 13 mars 1805. — Voir aussi pour celte correspondance, Gh. Auriol, La France^ VAngletert^e et Naples de iSOS à 1806, II, 178-180.

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