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part de la Toscane, ou des États pontificaux, ou le Piémont, si réquilibre de Tltalie ne serait pas immédiatement rompu à son profit. Le mystère que Napoléon faisait planer sur cette affaire autorisait les plus graves suppositions.
Enfin il fut certain que l'Empereur et Tlmpératrice allaient faire le voyage d'Italie; l'ambassadeur de France à Naples, Alquier, fut invité à se trouver à Milan; le 29 mars il ignorait encore les événements dont il devait être le témoin * ; il admirait ce secret : « On est encore, écrivait-il, dans Tincertitude sur le sort de la Lombardie, et Ton remarque avec un sentiment profond d'admiration pour l'Empereur qu'au moment même ou Sa Majesté va venir régler à Milan la destinée de cet État, ses projets soient encore couverts d'un voile impénétrable. J'ai eu souvent occasion de remarquer que le secret de notre cabinet n'était pas, de tous les effets de la haute sagesse de l'Empereur, celui qui imprimait le moins d'étonnement et de respect aux étrangers. »
Aussitôt après on connut le sénatus-consulte du 18 mars, et la grande séance impériale où Napoléon s'était fait reconnaître à lui-même le titre de roi d'Italie. Il proclamait la promesse d'observer le principe de la séparation des deux couronnes, mais l'échéance en demeurait vague; il prétendait encore qu'il avait été amené à prendre la couronne d'Italie parce que les Anglais refusaient d'évacuer Malte; c'était le prétexte qui lui avait servi aussi pour ordonner l'occupation des ports napolitains. En gardant Malte, en vérité, les Anglais lui rendaient un grand service; il est vrai que faute de ce prétexte il en eût trouvé d'autres, puisqu'il voulait de même l'abandon des îles Ioniennes par les Russes qui en avaient le protectorat depuis le traité d'Amiens.
La cour de Naples enregistra le principe de la séparation des deux couronnes de France et d'Italie; mais elle n'en fut tranquillisée que pour un avenir trop lointain. Immédiatement elle fut très effrayée de la situation. Le moment était grave en effet, pour l'Europe, pour Naples en particulier. L'élévation de Napoléon au titre de roi d'Italie était comme une annexion de l'Italie à la France, sans que l'on en pût prévoir le terme. La couronne de fer, jointe à la couronne impériale, renouvelait les souvenirs du
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temps de Gharlemagne. Quelle indépendance pouvait rester aux autres États de la péninsule? Ne seraient-ils pas absorbés fatalement, grands ou petits, dan§ le nouvel empire d'Occident?
L^Italie était nécessaire à la fondation de TédiAce impérial de Napoléon; mais dès lors le royaume de Naples était menacé directement dans sa liberté. « La partie qui se jouait entre TËmpereur et la Reine était bien sérieuse; il y allait pour le premier de la conservation de Tltalie, pour la seconde de sa couronne*. »
Celle situation avait de la ressemblance avec celle qui se présenta quelques mois plus tard entre la France et la Prusse, lorsque Napoléon fonda la Confédération germanique et s'en déclara le protecteur, La Prusse se sentit atteinte dans ses intérêts et dans ses ambitions légitimes sur TÀllemagne; la guerre fut inévitable. Il ne serait pas impossible de chercher dans les événemenls de Milan en mai 1805 la cause réelle des hostilités qui éclatèrent ensuite entre la France et Naples. Tous ces phénomènes sont le produit naturel de la conception classique que Napoléon se faisait du titre impérial.
Alquier partit pour Milan le 2 avril 1805, laissant à Naples comme chargé d'affaires le premier secrétaire de la légation, Edouard I^febvre. Informé aussi du voyage de l'Empereur, le gouvernement napolitain ne crut pas pouvoir se dispenser d'envoyer auprès de lui un ambassadeur extraordinaire; ce fut le prince de Cardito, mais il ne fut pas chargé de la mission officielle de reconnaître le nouveau litre que prenait Napoléon; il devait recevoir en route des instructions.
Car le marquis de Gallo était de son côté chargé de présenter des observations, dont la cour de Naples voulait attendre le résultat. On parlait alors à Naples et à Rome d'une médaille frappée à Milan avec celte légende : « Napoleo Rex Tolius Ilalise ». Tout cela demandait une explication. Gallo présenta à Talleyrand les observations de son gouvernement : il exprimait en bons termes sa satisfaction du changement de la République italienne en royaume héréditaire, une constitution monarchique devant être plus favorable à la tranquillité générale; il affirmait sa confiance