‹ Napoléon en ItalieChapitre 227 sur 423 · Aff. Etr., Naples, n° 130, f · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Naples, n° 130, f

Et son fils rhistorien poursuit Tétude de cette louable tentative avec une complaisance très excusable : « Pour essayer de ramener la confiance dans Tâme fougueuse et ulcérée de la reine, il eût fallu un négociateur nouveau qui réunit la douceur et le charme de la parole à la pénétration et à la fermeté. Le premier secrétaire d*ambassade, M. Edouard Lefebvre, ne se faisait point illusion sur le caractère de la reine ; mais elle était mère, il pensait qu'à ce titre elle pourrait se laisser toucher. » Suit le récit d'une scène attendrissante où il fit les appels les plus émouvants aux sentiments maternels de la reine, où il lui montra éloquemment les dangers où elle risquait de jeter ses enfants. c< Elle était occupée à parfiler de Tor; quand il eut cessé de parler, elle leva la tète et tourna vers lui ce visage sillonné moins encore par le temps que par les soucis du trône; son visage avait à ce moment quelque chose de dur et de sinistre qui semblait dire que toutes ces explications arrivaient trop tard. M. Lefebvre voulut se retirer; mais la reine le retint et lui fit comprendre que ses sages conseils l'avaient émue et troublée. Elle parla avec amertume des Anglais ; elle dit qu'elle avait peu d'estime pour cette nation de marchands et finit par laisser pressentir qu'elle n'était pas éloignée de changer de système. Les voies semblaient ouvertes à un rapprochement quand M. Alquier revint de Milan : c'était le 5 juillet'. » D'où il résulte que si Alquier n'était pas revenu de Milan, la face des choses eût été changée sans doute. 11 ne faut pas prendre cela au pied de la lettre. Avant Alquier étaient arrivées de Milan des nouvelles singulièrement graves qui sans doute avaient déjà commencé à dissiper les illusions de M. Edouard Lefebvre.

L'Empereur avait reçu le prince de Cardito et lui avait fait devant tout le corps diplomatique une violente scène de reproches : on savait qu'il était de l'entourage de la reine de Naples; il devait lui redire que l'Empereur connaissait les propos outrageants et menaçants qu'elle ne cessait de tenir contre les Français, la volonté qu'elle manifestait hautement de les faire massacrer dans son royaume ; mais elle devait aussi se persuader que toutes précautions étaient prises pour la rendre inoffensive et que le vaisseau anglais qui stationnait à Naples ne la sauverait pas du châ-

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