‹ Napoléon en ItalieChapitre 229 sur 423 · AIT. Etr., Naples, n« 130, r · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Naples, n« 130, r

Lefebvre de ses confidences. Elle espérait pourtant des derniers événements des conséquences avantageuses; elle se persuada qu'ils achèveraient enfin la formation de la coalition européenne contre la France.

Peu de temps après que Napoléon eut pris le titre impérial, elle avait dit : « Je commence à être rassurée sur l'Italie depuis que la cour devienne a enfin osé déclarer qu'elle ne se prêterait à aucun changement dans la Lombardie^ ». Elle estimait avec raison que le couronnement de Milan devait décider la cour de Vienne à se prononcer contre la France.

Du reste Napoléon multiplia les provocations, en retournant de Milan à Paris : le 2A juin, il donna Lucques et Piombino à sa sœur Élisa; le 21 juillet, il annexa Parme et Plaisance à son empire; enfin il assista à Gènes à des fêtes grandioses en Thonneur de la réunion de cette grande ville à la France. « Ce fut, dit Armand Lefebvre, un défi de guerre jeté par la France à tous ses ennemis », et cet historien explique que Napoléon prononça la réunion de Gênes pour obliger l'Autriche à découvrir son jeu; il aimait mieux son hostilité déclarée que sa neutralité suspecte'. Napoléon n'était pas disposé alors à provoquer l'Autriche avec une pareille légèreté; l'annexion de Gênes, comme celles de Parme et de Milan, se rattache à son grand plan impérial, dont l'Italie, du moins l'Italie septentrionale, était un élément capital.

Mab aussi l'Autriche fut en droit de se plaindre de cette politique autant que de la politique du Directoire en 1798. Le brutal langage de l'Empereur au prince de Gardito paraissait annoncer des desseins malveillants à l'égard du royaume de Naples. Le gouvernement de Vienne s'inquiéta ou affecta de s'inquiéter pour ses possessions de la Vénétie. Dès le 22 juin 1805, La Rochefoucauld, ambassadeur de France en Autriche, écrivait : « Je suis instruit qu'on ne cesse d'employer tous les moyens pour électriser l'Empereur en prétendant être informé du désir qu'a Sa Majesté Impériale de réunir Venise au royaume d'Italie. » Talleyrand se hâtait naturellement de répondre : « Tout ce qu'on dit sur Venise est une absurdité et vous repousserez avec force des bruils qui n'ont aucun fondement. » Il dut se répéter quelques jours après :

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