Lefebvre, U
364 NAPLBS (1805-1807)
« Il est impossible à tout homme éclairé de ne point considérer le système continental de TEmpereur comme entièrement arrêté. Il ne veut passer ni l'Adige ni le Rhin et les autres projets qu*on peut lui prêter ne sont que des chimères absurdes inspirées par la malveillance ^ » Il ne pouvait pas parler autrement et ces assurances ne rassuraient l'Autriche qu a demi.
II est possible qu'elle ait inventé des prétextes pour adhérer à la coalition contre la France; mais en vérité elle n'en avait pas besoin : les changements récents intervenus en Italie étaient des raisons graves, qui suffisent à expliquer la politique à laquelle elle se décida.
Dès le mois de novembre 1804, dans la crainte de ces changements, elle s*était rapprochée de la Russie, en signant avec elle un traité d'alliance défensive : ce sont les affaires d'Italie qui l'ont entraînée à l'offensive.
Le 19 janvier 1805, le ministère britannique avait adressé aux puissances un Mémoire où il exposait la situation et les inyilait à s'entendre avec lui pour contenir la grandeur inquiétante de la France*. Le 11 avril, quelques semaines après le sénatus-consulle qui avait proclamé Napoléon roi d'Italie, le traité de Saint- Pétersbourg commença de donner à l'entente anglo-russe un caractère offensif.
Ainsi se trouva formé par TAngleterre et la Russie à travers la Méditerranée un grand cercle d'hostilités contre Napoléon. Le point de liaison de leur action était au sud de l'Italie, où les Russes occupaient Corfou, les Anglais Malte, où Napoléon leur faisait face de Tarente à Pescara avec une solide base d'opérations dans la vallée du Pô. Non seulement celte situation constituait une diversion en faveur des Anglais et détournait un peu latlention du gouvernement français du projet de descente sur leurs côtes; mais elle pouvait, si Napoléon échouait dans son grand dessein maritime, attirer en Italie tout l'effort de sa politique. Car il y avait l'avantage : si l'Autriche demeurait neutre, il pouvait peser très fortement sur le centre des positions anglo-russes dans la Méditerranée, prendre et garder Naples, et peut-être, en rame-