‹ Napoléon en ItalieChapitre 24 sur 423 · AIT. Elr., NapleSj Mémoires et documents, n** 1, f · texte numérisé non relu

AIT. Elr., NapleSj Mémoires et documents, n** 1, f

Le 20 mai 1800, Bonaparte franchit le coi du grand Saint-Beroard et couclia à Etroubles, dans la vallée d'Aoste *. 11 avait avec loi la légion italique, composée de réfugiés de toutes les provinces de l'Italie septentrionale qui avaient fui la vengeance des Autrichiens; elle était commandée par le général Lecchi. Tous les cols des Alpes étaient occupés par les troupes françaises, du Saint- Gothard au col du Mont Genèvre, de Taile gauche de Moncey à l'aile droite de Thureau. Au pied des Alpes s'étendait à perte de voe vers le soleil levant Timmense et riche plaine lombarde et la pensée de Bonaparte en reprenait possession. Pendant qu'il revenait d'Égv'ple, les Autrichiens et les Russes avaient refoulé devant eux les Français; Sou varof était allé perdre son armée parmi les précipices de la Suisse; cependant le général autrichien Mêlas demeurait le maître de toute la vallée du Pô, il tenait Masséna enfermé dans Gènes, et poussait Suchel sur le Var, menaçait Nice et la Provence. Mais il s'attardait; il ignorait la proximité de l'armée de Berthier et de Bonaparte, il ne se gardait point contre elle. Le Premier Consul le guettait, et, pressant le mouvement de ses troupes, il les portait à marches forcées sur Pavie et Milan, enfermant les Autrichiens dans leur conquête, les enveloppant dans le petit bassin d'Alexandrie. C'était comme la descente de Charlemagne dans le royaume des Lombards, au commencement de son règne : c'était le chemin de Rome, le premier trait de la restauration de l'empire d'Occident.

Le 2 juin, Murât occupa Milan et fit cerner la citadelle*; le même jour, à trois heures d^ l'après-midi, le Premier Consul y fit son entrée avec son état-major, « au milieu d'un peuple animé du plus grand enthousiasme ». Cette apparition soudaine de Bonaparte sur les derrières de l'armée autrichienne, au cœur de la Lombardie, paraissait tenir du miracle et renouvelait dans l'esprit des habitants le souvenir de ses victoires de 1796; quelques-uns d'ailleurs refusaient d'y croire, affirmaient qu'il s'était noyé dans la mer Rouge ^ que c'était un autre Bonaparte, un frère du vainqueur

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