‹ Napoléon en ItalieChapitre 25 sur 423 · Corr., VI · texte numérisé non relu

Corr., VI

42 MARBNGO (l 800-1 802)

de Rivoli, car on savait que la Corse avait donné à la France toute une tribu de Bonapartes. On fut bientôt obligé de reconnaître le fondateur de la Cisalpine, et on fut généralement satisfait de son retour, car la victoire récente des Autrichiens n'avait pas été légère aux populations.

La République Cisalpine n'avait pas été fort heureuse depuis 1797, rançonnée par les commissaires du Directoire, troublée par les guerres intestines qu'ils entretenaient pour assurer TinQuence française : elle n'avait pas été mécontente d'abord du retour des Autrichiens; elle avait éprouvé la joie d'être délivrée de la « chaîne » française; la joie avait été courte : depuis Magnano, les Autrichiens faisaient régner la terreur sur tout le pays, persécutaient, chassaient, emprisonnaient ceux qui avaient de près ou de loin servi la France, tenaient les Milanais sous le « bâton ». Le gouvernement de la République Cisalpine avait été dispersé; Milan n'était plus une capitale, elle était redevenue le chef-lieu d'une province autrichienne, elle sentait cette disgrâce et regrettait les Français.

Le Premier Consul rétablit aussitôt une administration provisoire de la République Cisalpine : « Pourriez-vous être insensibles, disaitil dans une proclamation aux habitants de Milan, à l'orgueil de former une nation indépendante'? » II avouait indirectement la légitimité des plaintes dirigées dans les années précédentes contre le régime français : « La naissance des Etats est sujette ^ux orages, aux vicissitudes; les malheurs que vous avez éprouvés ne seront pas inutiles pour vous. » Mais il flétrissait les attentats commis par les Autrichiens contre les amis de la liberté et de l'égalité : le sénateur Caprara, le mathématicien Fontana dans les fers pour avoir occupé des places de la république; tous ceux qui avaient fait partie des municipalités, des administrations départementales, corps législatif, ministères, arrêtés et enfermés dans des cachots *. « Les "horreurs qui ont été commises par les agents de l'Empereur à Milan sont sans exemple. » Aussi le peuple cisalpin ne devait-il avoir que € de la reconnaissance pour la bravoure des phalanges républicaines qui assure à jamais le triomphe de l'égalité et de toutes les idées libérales ». Ainsi Bonaparte représentait de nou-

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