‹ Napoléon en ItalieChapitre 244 sur 423 · Corr., XI · texte numérisé non relu

Corr., XI

DniAULT. — Italie, 25

Cl le 12 janvier ils abandonnèrent leurs positions au nord de Naples et se rapprochèrent de leurs vaisseaux. Le général Lascy fut rappelé par son gouvernement, et le ministre russe à Naples, Tatislchef, déclara au roi Ferdinand que les alliés n'avaient jamais voulu violer la neutralité du royaume, qu'ils avaient seulement pensé gagner la Haute-Italie, qu'ils ne manqueraient pas d'ailleurs d'assurer leurs bons offices à la garantie de Tindépendance du royaume de Naples. On ne peut s'empôcher de constater que la reine Marie-Caroline avait mal placé sa confiance et que les alliés l'avaient compromise bien légèrement*.

Les Anglais se retirèrent en Sicile, bien résolus d'ailleurs à n'en sortir que lorsque les Français auraient évacué le royaume de Naples *. Le roi s'embarqua avec eux pour Palerme ; uniquement préoccupé de ne pas être trop dérangé dans ses habitudes, il ne voulut partir qu'après avoir été au spectacle, « et son dernier mol, dit Alquier, devant toute la cour en sortant de ce palais où il avait régné quarante-sept ans et où il ne devait plus rentrer (Alquier ici se trompait), fut celui-ci : « Qu'on n'oublie pas de porter mon souper à bord et qu'on le tienne chaud ». En arrivant à Palerme il courut au théâtre, le lendemain à la chasse, au bal ; il ne paraissait pas se soucier de la perte de son trône '.

La reine, singulièrement plus courageuse, était restée à Naples, pour faire face au danger. Elle essaya de désarmer l'Empereur. Elle envoya à Rome auprès d'Alquier le cardinal Ruffo; le choix de ce personnage était assez malheureux. Alquier lui déclara qu'il n'avait aucun caractère pour l'écouter, Técoula pourlant, et Ruffo offrit l'abdication du roi et de la reine de Naples en faveur de leur fils, qui serait aussi français que ses parents l'avaient été peu jusque-là et qui abandonnerait à la France tous les avantages commerciaux qu'elle désirerait à l'exclusion des Anglais. Alquier ne pouvant rien conclure, il se hâta de quitter Rome pour aller trouver l'Empereur partout où il le pourrait rencontrer; cependant le duc de San Teodoro se rendait auprès de Masséna pour le prier de ne pas franchir la frontière avant que les démarches du cardinal eussent produit un résultat *.

i. AIT. Elr., Naples, n" 131, f"* 3 et s. — Ch. Auriol, H, 757.

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