‹ Napoléon en ItalieChapitre 249 sur 423 · AIT. Etr., Naples, n · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Naples, n

devez faire sentir que cette mesure est irrévocable, que le Saiot- Siège est intéressé à s'y prêter de bonne grâce, qu'on lui saura gré de la condescendance qu'il aura montré, mais qu'on ne pourrait s'empêcher d'attribuer l'esprit d'opposition qu'il manifesterait à un syslème prononcé contre toutes les mesures que Sa Majesté prend en Italie. Sa Majesté regardera cette occasion comme une épreuve des sentiments de Sa Sainteté envers elle... Les dédonnmagements dépendront beaucoup de la manière dont le Saint- Siège aura accueilli cetle détermination*. »

Il ne devait pas y avoir de dédommagements; au contraire. Le cardinal Fesch était fort troublé en sa conscience du rôle que son impérial neveu lui faisait jouer. Il promettait de s'y appliquer, mais, écrivait-il, « Sire, je ne saurais vous taire l'extrême affliction que j'ai ressentie en lisant que vous me rendiez responsable de l'exécution des susdites demandes. J'espère que Votre Majesté daignera descendre à considérer la position où elle-même m'a mis. Ma dignité de cardinal, ma place de grand-aumônier et de premier archevêque de France, les efforts mêmes que j'ai fails pour emmener en France Sa Sainteté, eût-elle tous les torts possibles contre Votre Majesté, devraient être des raisons suffisantes pour me dispenser d'exercer des violences envers le pape, dans le cas que Votre Majesté ne fût point satisfaite de sa réponse.

'< Pourrais-je requérir au prince Joseph de me prêter mainforte? Je frissonne en réfléchissant sur les événements ultérieurs. Sans m'arrêter aux censures et peines ecclésiastiques que je pourrais encourir, que deviendrais-je aux yeux des catholiques du monde chrétien? Sire, si j'avais le malheur de contribuer activement à un événement qui en amènerait d'autres qu'on ne peut pas prévoir, il ne me resterait que le choix d'un cloître pour me cacher aux yeux du monde » *.

Fesch avait raison d'être épouvanté, et il fut très heureux d être bientôt rappelé de sa mission à Rome. Car ce n'était là que le commencement d'une lutte singulièrement dramatique entre le pape et l'Empereur; Napoléon devait y employer des agents moins timorés.

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