‹ Napoléon en ItalieChapitre 250 sur 423 · AIT. Elr., Naples, n° 131, r · texte numérisé non relu

AIT. Elr., Naples, n° 131, r

Cependant Joseph et Masséna conquéraient le royaume de Naples.

Leurs troupes avaient été divisées en trois colonnes : Masséna, au centre, se dirigeait sur Naples par Capoue; Reynier, à droite, longeait la côte et surveillait la garnison enfermée dans Gaëte sous le commandement du prince de Hesse-Philipstadt; Verdier, à gauche, passait au bas du plateau des Abruzzes, pour empêcher toute diversion sur le flanc de l'armée*.

Il n'y eut pas de grandes difficultés à l'entrée du pays. Napoléon avait conseillé à Joseph d'intituler ainsi ses proclamalions : « Par la Grâce de Dieu et les Constitutions de l'Empire Napoléon Empereur des Français, roi d'Italie; Joseph grandélecteur, gouverneur général du royaume de Naples et de Sicile, en vertu des pouvoirs qui nous ont été délégués par notre auguste frère et souverain, avons ordonné et ordonnons ce qui suit ». Au lieu du litre de gouverneur général, Joseph préféra garder celui de Lieutenant de l'Empereur qui lui assurait bien plus de considération. Il cessa du moins de s'appeler Joseph Bonaparte pour prendre le nom de Joseph-Napoléon ^

Le 3 février, à trois heures après-midi, il fit son entrée dans Capoue, avec Masséna et Reynier. La division Pastoureau était en avant tout près de Naples. Joseph visita le jour même le palais de Caserte ; il en admira les magnificences, les escaliers somptueux, les merveilles décoratives ; il plaignit les peuples qui venaient de suffire à de pareilles dépenses.

A l'approche des troupes françaises, la reine fut bien obligée de songer à son propre départ, sous peine de tomber aux mains de ses ennemis. Elle tenta peut-être de détruire Naples avant de Tabandonner; elle vida les prisons et les bagnes et donna des armes aux lazzaroni; « le génie de la destruction parut prêt à secouer sur Naples ses torches dévorantes » ^ La population éclairée et riche forma une garde bourgeoise, tint en respect « l'horrible armée », envoya une députation à Joseph pour l'inviter à presser sa marche.

La reine enfin partit. Elle emporta tout ce qu'elle put emporter,

!. Lefebvre, II, 270-279.

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