‹ Napoléon en ItalieChapitre 26 sur 423 · Corr., VI · texte numérisé non relu

Corr., VI

LA RÉPUBLIQUE CISALPmE 43

veau la cause de la Réyolutioii et de raffranchissement des peuples opprimés. C'était un des éléments essentiels de sa force.

Mais il ne lui plaisait pas de retomber dans les fautes précédentes: le Directoire avait eu contre lui Topposition constante, acharnée des prêtres catholiques, appuyée sur le caractère croyant et même superstitieux de la plus grande partie de la population italienne. Mme de Staël se désole de Tignorance des Italiens, qui se font bénir par un prêtre pour guérir de la rage et mènent leurs bêtes malades à saint Antoine; elle ne voit partout que prêtres et que mendiants ; elle éclate en indignations contre ce « misérable ordre sociaP ». Il est certain que la religion avait conservé en. Italie toute sa puissance; Bonaparle s'en était rendu compte en 1796; il avait dès lors songé à un (Concordat avec le pape; il s'était convaincu de l'impossibilité de fonder un régime politique durable sans le concours de l'Église. 11 serait curieux de rechercher comment les deux campagnes d'Italie ont peu à peu transformé cet athée jacobin en un restaurateur de la religion catholique.

Du moins, dès son retour à Milan en juin 1800, il prit nettement parti en faveur de la religion. Le 4 juin, il fit célébrer un TeDeum à la métropole de Milan « pour l'heureuse délivrance de l'Italie des hérétiques et des infidèles ». Il s'agit des hérétiques anglais et des infidèles musulmans avec lesquels la catholique Autriche n'avait pas eu honte de s'allier et auxquels elle avait criminellement permis «de profaner le territoire de la sainte Italie^ ». Le même jour l'administration provisoire de la République Cisalpine, composée des délégués Marliani, Sacchi et Goffredo, annonçait à la population la réorganisation de la Cisalpine en une < nation libre et indépendante », mais surtout elle donnait des assurances formelles ao sujet de la religion • : « Le libre et public exercice de la religioD catholique sera conservé dans le même état qu'à l'époque de la première conquête de l'Italie. En conséquence toute espèce dWrage ou d'insulte contre ladite religion, ses ministres, ses rites et ses symboles est défendue, ainsi que tout acte qui tendrait à en empêcher ou troubler en aucune façon le plein et entier

i. Lettres à Monti, citées par P. Gàutler, Madame de Staël et Napoléon, p. 173.

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