Joseph, II
H.'Bignon, V, 116.
des bijoux el des meubles, des fenêtres avec leurs carreaux, du bois de chauffage; elle avait fait lever les impôts d'avance dans beaucoup de communes et elle laissait le pays épuisé *. Elle envoya son second fils, le prince Léopold, en Calabre, pour y défendre le terrain pied à pied contre les Français, avec le comte Roger de Damas, et elle lui dit en le quittant : « Vous allez partir pour la Calabre, mais songez bien que ce n'est pas pour vous y amuser. Il faut défendre nos États, car nous pouvons être bientôt des mendiants. Au reste nos malheurs ne sont pas sans remède. Notre situation peut changer d'un instant à l'autre. Il y a tant d'accidenls heureux! Un verre de poison, un coup de couteau! Que sait-on? » Cet affreux propos, bien digne de cette horrible femme, comme dit Alquier, fut communiqué à celui-ci par le comte de Kaunitz qui l'avait lui-même entendu sur V Arcfiimède oii elle venait de s'embarquer^.
Joseph fit son entrée à Naples, sans coup férir, le 15 février, à deux heures. Il trouva dans l'arsenal 200 pièces d'arlillerie el 250 milliers de poudre, dans le port une frégate, un brick, cinq ou six autres bâtiments chargés de dépouilles des fugitifs et rejetés sur la côte par les vents contraires. Il alla le lendemain entendre la messe qui fut célébrée par le cardinal-archevêque Ruffo, frère de celui qui sollicitait alors la générosité de Napoléon. Il attacha au cou de saint Janvier un riche collier de diamants, et la foule qui était considérable laissa éclater sa joie et ses applaudissements malgré la vénération qu'elle avait pour ce saint'. Joseph pensait sans doute que saint Janvier lui donnerait en récompense les cœurs des Napolitains.
Il en reçut les félicitations de Napoléon : « Je vous fais mon compliment sur votre réconciliation avec saint Janvier; mais, au milieu de tout cela, j'imagine que vous avez bien fait occuper les forts, que vous avez eu soin de les faire armer et munir, que vous avez désarmé la ville et gouverné un peu avec vigueur » *.
Du moins Joseph organisa aussitôt l'administration et prit possession de tous les pouvoirs. Le maréchal Jourdan lui fut envoyé
\. Joseph, H, 65, 68, 79.