Corr., XII. 990i
comme gouverneur de Naples et y établit aussitôt un ordre absolu. Le changement de régime s'accomplit dans un calme parfait.
La Galabre occupe une place spéciale dans le pays napolitain ; elle CD est la forteresse montagneuse; très abrupte elle échappe plus aisément que toute autre région à Tinfluence étrangère ; elle est plus rebelle à la conquête. Déjà, en 1799, elle avait été le quartier général de Tarmée de la Foi du cardinal Ruffo; les troupes napolitaines chassées de la plaine pensèrent y trouver un refuge inaccessible et s'y maintenir pour inquiéter sans cesse la sécurité de rétablissement français. Il y avait là environ 1800 hommes sous le commandement du prince Léopold, de Roger de Damas et du général Rosenheim.
Reynier fut chargé de soumettre la province. A sa gauche, pour qu'il ne fût pas inquiété, Gouvion Saint-Cyr eut à prendre possession de la Fouille, de Tarente et de la Basilicale; il arrivait de Paris où il avait cru pouvoir se rendre sans ordre, estimant qu'il n'avait plus rien à faire en Italie; il s'était présenté au lever de l'Empereur, qui, sans le laisser parler, lui avait exprimé vivement son mécontentement devant tout le monde et l'avait fait partir immédiatement pour rejoindre son poste*. Il reprit les positions qu'il avait tenues déjà l'année précédente.
Reynier, ainsi couvert sur sa gauche, s'engagea résolument dans le plateau de Galabre et y conduisit en quinze jours une campagne très énergique. Il battit d'abord Damas le 6 mars à Lagonegro, l'atteignit encore le 9 à Gampo-Tcnese, au débouché du Val San-Martino, lui prit la plus grande partie de son artillerie, 5 drapeaux, deux généraux; le débordement du Goscile sauva le prince Léopold et le général Rosenheim d'une môme défaite, mais ils durent fuir jusqu'à la pointe de la presqu'île. Derrière eux Reynier occupa Nicastro, Monteleone, MeJilo^
Le 20 mars il arriva devant le château de Scylla. Il put voir disparaître à l'horizon les cinquante bâtiments de transport qui emportaient les vaincus. Les habitants de Reggio, conduits par leur archevêque, vinrent au-devant des Français, exprimèrent leur joie de cette conquête.
Mais si Reynier avait traversé au pas de course toute la Galabre