Corr., XI, 9738. — Joseph, II
2. Lefebvre, II, 270-279. — Bignon, V, 120. — Mém. de Joseph, II, 29-30.
394 xNAPLEg' (1805-1807)
et dispersé loutc troupe organisée, le pays n'était pas pour cela réellement soumis. Derrière lui, à distance de ses coups, la résistance prit la forme du brigandage, tombant sur les corps détachés, pillant les villages qui ne s'étaient pas défendus, difficile à atteindre et à châtier : une guérilla inlassable et fatigante, favorisée par le sol tourmenté.
Dès le mois de mars, Joseph put se féliciter de l'arrestation du « fameux marquis Rhodio, chef de masses, confident de la i^eine » *. Mais, deux mois après. Napoléon apprenait avec colère que les Abruzzes n'étaient pas soumises; les troupes françaises ne s'y aventuraient pas volontiers malgré les sommations de l'Empereur , « Que font donc Reynier et Saint-Cyr? Dorment-ils? C'est une nouvelle manière de servir »*. Ils ne dormaient pas, mais les brigands non plus. Pendant un moment à la fin de mars, on n'entend parler en Calabre que de convois arrêtés, de villages terrifiés. Le 25, un convoi de 14 mulets est pillé à Soveria en avant de Scigliano, 10 hommes sont tués; le 26, presque au même endroit, un détachement de 200 hommes est attaqué et mis en fuite, perd 30 hommes tués. Verdier accourt, disperse le principal rassemblement des brigands, brûle entièrement le village de Soveria pour donner une leçon à toute la région. Napoléon en exprime aussitôt toute sa satisfaction. « Je vois avec plaisir qu'on ait brûlé un village des insurgés. Des exemples sévères sont nécessaires. J'imagine qu'on aura fait piller ce village par les soldats. On doit traiter ainsi les villages qui se révoltent. C'est le droit de la guerre, mais c'est aussi un devoir que prescrit la politique. M ' Quelques jours après, un détachement destiné à la garnison d'Amantea est encore dispersé par les brigands; le colonel Lebrun, arrivé de Cosenza, recueille les débris de celle troupe, ravitaille Amantea, mais renonce à s'y maintenir, ramène ses hommes en arrière *.
Ce n'étaient que des incidents locaux, d'insignifiantes insurrections excitées par les prêtres, disait Joseph, el entretenues par les Anglais; il n'y avait aucun homme marquant pour les conduire,.