‹ Napoléon en ItalieChapitre 254 sur 423 · Joseph, II · texte numérisé non relu

Joseph, II

aucun plan d'ensemble, aucune organisation. Par cela même il était difficile d'étouffer celte agitation d'un seul coup ; c'était utie question de prestige moral plutôt que d'exécution militaire.

Joseph pensa que, s'il s'y rendait lui-même, son nom et son titre de lieutenant de l'Empereur achèveraient la pacification.

D'ailleurs Napoléon le pressait de préparer l'occupation de la Sicile ; il ne fallait pas que l'élan de la conquête fût arrêté avant la dépossession totale des Bourbons de Naples et l'expulsion des Anglais. « Surtout ne perdez pas un moment, une heure, pour lâcher d'enlever la Sicile. Beaucoup de choses seront faciles dans ce premier moment qui seront plus difficiles après » \

Joseph fut obligé de répondre que l'entreprise n'était pas aussi facile, que les Anglais étaient fortement établis à Messine avec des vaisseaux cl une nombreuse garnison, que, pour surprendre la Sicile, il faudrait de grands préparatifs et être maître de la mer pendant quelques jours, que, pour le moment, il fallait consacrer toutes les ressources disponibles à la prise de Gaëte où le prince de Hesse-Philipstadt paraissait résolu à une vigoureuse résistance *. Le projet de descente en Sicile prenait en miniature quelques-uns des caractères du projet de descente en Angleterre.

Napoléon insistait : « Soyez certain que lorsque vous aurez débarqué en Sicile vous deviendrez bientôt maître de Tîle sans faire de siège. La cour n'aura que deux partis à prendre : de s'en aller ou de rester. Rester est un parti trop dangereux; s'en aller, c'est ce qu'elle fera; et, une fois qu'elle sera partie, vous aurez bon marché du reste. Les Siciliens sont comme tous les insulaires, ils aiment la nouveauté; et la prise de Naples est un coup de grande importance qui a beaucoup d'influence sur eux. »

Il ajoutait : « Faites faire de petits pamphlets qui leur fassent sentir l'avantage d'appartenir à un prince français qui les garantira des insultes des Barbaresques, leur assurera la tranquillité pour toujours et le commerce dans la Méditerranée \ »

A ce moment le gouvernement anglais représenté par Fox avait consenti à ouvrir des négociations avec la France, et Talleyrand avait à Paris des conférences fréquentes avec Lord Yarmouth. La

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