Corr., XII
Sicile était nalurellement un des points importants de la discussion*, a L'abandon de la Sicile, écrivait Fox au plénipotentiaire anglais, est un point sur lequel il est impossible de transiger. » Mais Napoléon ne désespérait pas de triompher de cette fin de non-recevoir; il offrait des compensations pour les Bourbons détrônes, les îles Baléares ou les villes Hanséatiques; surtout il voulait que Joseph s'emparât de Tobjetdu litige : alors les Anglais seraient bien obligés de céder devant le fait accompli. Et il encourageait son frère, il le gourmandait; il lui disait que la Sicile était presque accordée par l'ambassadeur britannique, que l'Angleterre élait décidée à abandonner le roi Ferdinand, qu'à la première nouvelle du débarquement des Français dans l'île tout serait fini, la paix conclue, un grand avenir de prospérité assuré à l'Europe entière.
« La paix serait faite, écrivait-il encore le 21 juin, si vous étiez maîlre de la Sicile. Il ne doit pas y avoir plus de 2000 toises de trajet à faire pour passer le détroit, et vous devez avoir une grande quantité de spéronares et de bateaux de loute espèce. Avec cela vous devriez bientôt être maître de cette île. »
Le même jour, il redoublait d'insistance et racontait à Joseph celle extraordinaire nouvelle : « Lord Yarmouth est arrivé à Paris avec les pouvoirs du roi d'Angleterre pour signer la paix. Nous serions assez d'accord sans la Sicile. Les Anglais vous reconnaîtraient roi deNaples; mais, n'ayant pas la Sicile, ils ne peuvent vous reconnaître. De mon côté il ne me convient pas de rien, conclure que vous ne soyez en possession des deux parties de votre royaume. Ils ont laissé entrevoir dans les négociations que, prévoyant que la Sicile ferait une difficulté, ils avaient laissé passer six semaines sans la secourir, pensant que vous vous en empîireriez dans cet intervalle; mais qu'enfin il avait bien fallu, par pudeur, finir par y envoyer du monde ^ ». Il est sans doule inutile de dire que ce conte est démenti par tous les faits. On le verra bientôt.
^ Cependant, de Saint-Cloud, il donnait à son frère les instructions les plus précises pour Texécution de la descente en Sicile : « Comment comptez-vous embarquer vos troupes? Dans quel port