Joseph, II
côlc et du détroit, les ressources en bateaux, les conditions de la traversée; il donna quelques ordres pour les préparatifs lointains d'un débarquement en Sicile, mais il se convainquit qu'il n'y avait rien à faire pour le moment; il fallait au moins avoir pris Gaëte porur pouvoir ensuite disposer de quelques moyens offensifs.
Il ne devait jamais s'approcher davantage de la Sicile. 11 s'en retourna par la côte ionienne; par Gerace, Squillace, il était à Catanzaro le 25 avril; puis par Cotrone et Cassano, « il prolongea sa course jusqu'au magnifique port de Tarenle* ». Il trouva le pays tranquille, le clergé un peu trop nombreux, car, malgré sa fortune, beaucoup de prêtres étaient misérables. Le roi de Naples et les seigneurs ne visitaient jamais ces provinces; elles furent heureuses de voir un roi, et elles firent bon accueil à Joseph; il en fut ému, et pria Napoléon de ne pas faire payer à ce peuple plus d'impùls qu'il n'en avait payé jusque-là : « Si le gouvernement fait quelque chose pour ce pays, ce pays fera dans l'avenir beaucoup pour lui. » Il se persuada même que les Napolitains avaient déjà de rattachement pour lui et pour le nom de Bonaparte : « lis disent communément : la dernière dynastie était française et espagnole; celle-ci au moins est italienne et française*. »
Le nouveau roi arriva le 10 mai à Caserle; il s'y prépara pour une entrée solennelle dans sa capitale, le lendemain. Miol assure que pendant ce voyage de plus d'un mois, Masséna et Saliceti n'avaient pas su à Naples faire aimer le gouvernement; ils n'avaient maintenu l'ordre que par la terreur; en particulier la façon dont ils avaient conduit le procès du marquis de Rhodio avait fait la plus mauvaise impression. Un premier jugement, le considérant comme officier régulier au service du roi Ferdinand, l'avait déclaré innocent du crime de rébellion et de soulèvement: Masséna avait alors nommé une commission extraordinaire, en trois heures elle avait condamné Rhodio à mort et il avait été exécuté aussitôt. Masséna et Saliceti avaient voulu faire un exemple; Napoléon en exprima sa satisfaction. Il devait y avoir d'autres divergences d'opinion et même de querelles entre Sahceli et les amis de Joseph, il y avait là en présence deux méthodes