Joseph, II, 252-253. — Miot, III, 316 (note
obliger au serment. Ils arrivèrent à la frontière, sur le Garigliano. Joseph refusa de les recevoir; il ne voulait pas qu'ils fussent chez lui un élément de désordre, et l'Empereur riait de ces inquiétudes puériles : « Je ne conçois rien. à cette conduite. Que diable craignez-vous de deux ou trois vieux prêtres? Un de mes principaux différends avec le pape est parce qu'il vous appelle le Prince Joseph, et qu'il vous fait refuser le serment par les cardinaux vos sujets. Si vous en êtes à craindre, à Napies, deux ou trois malheureux vieillards, vous y êtes tristement assis* ».
Il est vrai que Joseph fut toujours assez tristement assis sur le trône de Napies. Il n'eut jamais que la moitié de son royaume, il n'exerça jamais qu'une part de l'autorité royale ; guelté sans cesse par les Anglais et par la reine Marie-Caroline, il fut d'autre part toujours tenu à la lisière par l'Empereur. Il ne fut qu'un vassal.
Par les décrets des 15 et 30 mars 1806, Napoléon donna à Murât le grand-duché de Berg, formé avec des territoires cédés par la Bavière et la Prusse ; il donna la principauté de Guastalla à sa sœur Pauline, remariée au prince Borghèse; Massa et Carrara au prince de Lucques. Cambacérès et Lebrun furent faits ducs, sans souveraineté territoriale, l'un de Parme, l'autre de Plaisance. Douze grands ûefs furent créés dans les États Vénitiens : Dalmatie pour Soull, Istrie pour Bessièrcs, Frioul pour Duroc, Cadore pour Champagny, Bellune pour Victor, Conegliano pour Moncey, Trévise pour Mortier, Rovigo pour Savary, Bassano pour Maret, Vicence pour Caulaincourt, Fcllrc pour Claïke, Padoue pour Arrighi. Berthicr fut fait prince de Neuchûtel.
C'était un pas de plus dans l'organisation de l'Empire dont le royaume de Napies allait être désormais un des éléments principaux. « Il semble, dit Bignon*, que Napoléon ail voulu parodier le grand exemple de la création du monde en disant : « Que mon frère soit roi! » Et son frère fut roi en effet, et fut reconnu comme tel par toutes les puissances continentales. » Cet historien ajoute : « Le nouveau royaume fut une partie du grand empire ».
II importe en effet de rechercher quelles conditions d'existence l'Empereur imposa au royaume de Napies, quelles limites il