‹ Napoléon en ItalieChapitre 27 sur 423 · Moniteur du 21 prair. VIIL · texte numérisé non relu

Moniteur du 21 prair. VIIL

exercice. Les infractions à la présente défense seront punies des peines les plus rigoureuses, raùme de la peine capitale, sur le jugement des autorités compétentes, « Le lendemain, Bonaparte réunissait les curés de Milan et leur adressait une longue allocution*, 11 y rappelait lacruelle politique du Directoire, et que luimôme en 1796, simple agent d*un gouvernement qui ne se souciait en aucune sorte de la religion catholique, il n'avait pas pu empêcher les désordres qui avaient été commis; mais il annonçait que la France, elle-même instruite par ses malheurs, avait enfin ouvert les yeux, qu'elle avait reconnu que « la religion catholique était comme une ancre qui pouvait seule la fixer dans ses agitations et la sauver des efforts de la tempête i ; que lui-môme.il était philosophe et savait que te dans une société, quelle qu'elle soit, nul homme ne saurait passer pour vertueux et juste s'il ne sait d'où il vient et où il va », et que la religion catholique « est la seule qui donne à Thomme des lumières certaines et infaillibles sur son principe et sa fin dernière >». « Vous, les ministres de celte religion, qui certes est aussi la mienne, je vous regarde comme mes plus chers amis; je vous déclare que j'envisagerai comme perturbateur du repos public et ennemi du bien commun et que je saurai punir comme tel, de la manière la plus rigoureuse et la plus éclatante, et même s*il le faut de la peine de mort, quiconque fera la moiudre insulte â notre conimune religion ou qui osera se permettre le plus léger oulragc envers vos personnes sacrées. » Il ajoutait : * Dans toutes les religions il n'y en a pas qui s'adapte comme la catholique aux diverses formes de gouvernement, qui favorise davantage, en particulier, le gouvernement démocratique républicain, en établisse mieux ]es droits et jette plus de jour sur ses principes a. Aussi proclamait-it son intention de t s'aboucher avec le nouveau pape pour lever toutes les objections qui pourraient s'opposer encore à rentière réconciliation de la France avec le chef de T Église ». Et il consentait, il demandait plutôt que ces déclarations fussent imprimées et publiées, afin que ses intentions fussent connues * non seulement eu Italie et en France, mais encore dans toute T Europe )k Quelques semaines après ^ un agent consulaire en Cisalpine,

1p Gorr., VI, 4884.

Ch. Ruihière, constatait les résultats de cette politique : « Le peuple attribue nos succès à la bénédiction de Dieu; les habitants des campagnes, ainsi que la dernière classe du peuple de la ville, s'abandonnent à la Providence. Peu leur importe la forme du gouvernement; ils aimeront celui qui leur donnera du travail et ne les troublera pas dans l'exercice de leur religion. L'un des curés de Milan qui a le plus d'empire sur les esprits et qui avait plus d'une fois montré publiquement de la haine contre les Français a dit en chaire, le premier dimanche après leur entrée à Milan, que lorsqu'il priait le Ciel de les éloigner de l'Italie, il redoutait en eux les ennemis de la religion, mais que puisqu'ils avaient déclaré qu'ils la respecteraient, il fallait être sans inquiétude et remercier encore la Providence ».

C'était la première épreuve du Concordat et des résultats que Bonaparte en espérait.

Après avoir pris ces soins urgents, Bonaparte et Berthier achevèrent la campagne contre Milan. Le 10 juin, Lannes coupa la retraite aux Autrichiens par la victoire de Montebello. Le lA juin la bataille décisive s'engagea à Marengo : elle fut difficile à gagner; elle fut même un moment perdue. Il fallut l'intervention soudaine et résolue de Desaix pour arracher aux Autrichiens la victoire qu'ils tenaient déjà. Elle eut pourtant des conséquences considérables, et confirma le régime politique que le Premier Consul commençait d'établir à Milan. Par la convention d'Alexandrie du 15 juin 1800 * l'armée autrichienne se relira jusqu'au Mincio et laissa toute la Lombardie aux Français.

Il fut donc possible d'organiser le gouvernement provisoire de la République Cisalpine.

Le 18 juin, malgré ce qu'en pouvaient dire les athées de Paris ^, le Premier Consul assista au Te Deum que la ville de Milan fit chanter à la métropole en J'honneur de la délivrance de la République et de la gloire des armes françaises. Il fut reçu à la porte par

i. CofT., VI, 49H.

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