Joseph, H
X Gorr., XII, 10296, 10326. — Joseph, II, 277.
pendu par ordre de la reine pour avoir voulu livrer Gaële aux Français : faux bruit, que Fra Diavolo se chargea bientôl de démentir.
Cependant le siège s éternisait. Les approches étaient lentes et souvent dangereuses. Le général Vallongue y fut tué au commencement de juillet. Joseph s'impatientait de ne pouvoir rien faire du côté de la Sicile, qui sans ce siège interminable eût peut-être été envahie et conquise en moins de deux mois *. 11 s*inquiétail même sérieusement. La Calabre était toujours troublée ; il implorait Napoléon, il craignait d'être enveloppé de tous côtés parles ennemis de la France : « Si Gaële ne tombe pas, écrivait-il à TEmpereur, le pays romain se soulèvera pour couper nos communications- ».
Pour s'assurer contre ces dangers, Joseph pensa gagner le cœur des Napolitains, estimant que leur adhésion à sa cause serait sa meilleure garantie. Quelques personnes de son entourage y voyaient aussi le moyen d'échapper à la lourde tutelle de TEmpereur et lui conseillaient de gouverner pour lui-même et pour Naples plutôt que pour l'Empire et pour Napoléon.
11 n'eut d'abord à l'adresse des Napolitains, malgré les difficultés de ces premiers mois, que des proclamations conciliantes, des appels à leur affection, des promesses de modération et d'indulgence. Pour ne pas exciter de nouvelles haines, dans ce pays épuisé par les désordres et par la mauvaise administration de la dynastie déchue, il refusa d'augmenter les impôts, malgré le grand besoin qu'il en avait. Il préféra solliciter des subventions de son frère.
L'Empereur n'était pas de cet avis; il avait d'autres frais à supporter. « Jusqu'à cette heure vous administrez trop mollement le royaume de Naples. Ce n'est pas la manière de conduire ces peuples. Mettez une imposition de guerre de 30 millions sur le royaume de Naples. Il est extraordinaire qu'il ne rende pas le tiers de ce que rend le royaume d'Italie. Vous montrez trop de douceur au commencement; il est nécessaire de ne pas commencer votre administration mollement. Toutefois arrangez-vous pour vous suffire. Prenez les biens de tous ceux qui ont suivi la cour' ». « Le moindre avantage que puisse procurer la conquête