Aff. Etr., Rome, n° 939, f
de rartillerie à Rimini, de renforcer les généraux Lemarois d'Ancône et Duhesme de Civita-Vecchia pour les mettre en mesure de marcher au premier signal sur Pescara ou vers Gaële.
Joseph reçut d'abord des reproches. « L'ancienne reine, en faisant ce qu'elle fait, fait son métier de reine... Tout ce qui arrive en Calabre ne m*étonne pas ; vous avez trop ajoulé confiance aux Napolitains, c'est une première faute qui a ses suites. Vous êtes trop bon, surtout pour le pays où vous êtes; il faut désarmer, faire juger et déporter. Ne pardonnez pas, faites passer par les armes au moins 600 révoltés; ils m'ont égorgé un plus grand nombre de soldats; faites brûler les maisons de trente des principaux chefs de villages et distribuez leurs propriétés à l'armée. 11 faut suivre l'exemple de Junot à Plaisance; il a fait brûler deux villages, fusiller les chefs, parmi lesquels six prêtres. On ne change pas et on ne réforme pas un État avec une conduite molle; il faut des mesures extraordinaires el de la vigueur... Vous êtes trop bon; vous confondez trop la bonté des rois avec la bonté des particuliers ^ ».
Joseph reçut aussi d'autres conseils : Il fallait réunir 10000 hommes et les disposer en échelons entre Naples et Cassano, c'està-dire les disposer en brigades séparées l'une de l'autre seulement par un jour de marche, de façon à pouvoir toujours réunir en deux ou trois jours 10 000 hommes sur n'importe quel point et ainsi faire face à toute attaque. Si ce système avait existé auparavant de Cassano à Reggio, Reynier eût été soutenu à Sainte- Euphémie et les Anglais eussent été obligés de se rembarquer. A mesure qu'on aurait d'autres ressources, si Gaëte venait à capituler, on pousserait d^autres brigades d'échelon en échelon, on atteindrait Cassano, on dégagerait Reynier, et les Anglais ne pourraient pas manquer d'être chassés, étant partout inférieurs en forces. Cependant, sur les flancs de ces colonnes étroitement liées, des troupes légères brûleraient les villages insurgés et feraient de vigoureux exemples. Surtout il ne fallait « jamais faire un pas rétrograde», il fallait plutôt « périr sur le territoire napolitain * ».
L'Empereur demeurait surtout inquiet du sort de Reynier et Verdier, dont il fut quelque temps sans nouvelles, les communications étant coupées : « Quelle honte et quel malheur si ces