Corr., XUi
braves gens, après s'être défendus, étaient obligés de rendre leurs drapeaux! » Pressentiment de Baylen! Gar à certains égards les affaires de Naples étaient comme une première épreuve des affaires d'Espagne. Joseph faisait seulement son laborieux apprentissage d'un métier qui devait lui être plus pénible encore.
Napoléon parlait même de se rendre à Naples en septembre, si la tournure des événements ne se modifiait pas.
Cela ne fut pas nécessaire. Un peu de vigueur éclaircit vite la situation. Devant Gaëte, les travaux d'approche furent enfin achevés au commencement de juillet; le 7, les pièces furent démasquées, la ville fut couverte d'une pluie de boulets. Le prince de Hesse-Philipstadt, grièvement blessé, fut transporté à bord d'un bâtiment anglais. Les brèches faites dans la muraille, l'assaut fut préparé. La garnison alors capitula, le 18 juillet : elle put se relirer librement en Sicile, moyennant l'engagement de ne pas servir pendant un an et un jour contre la France ni contre Joseph. Masséna occupa la ville le 19 juillet*. Le calme en fui aussitôt rétabli à Naples où l'on craignait les vengeances de la reine; les lazzaroni ne bougèrent pas*.
On put donc s'occuper de la Calabre et de Reynier. Un grand conseil de cabinet fut tenu à Naples le 2& juillet; Saliceti proposa de publier à travers les provinces insurgées un manifeste de répression : les Calabres seraient déclarées en état de révolte; les biens des rebelles seraient confisqués et vendus au profit des « patriotes » ; des fourches patibulaires seraient élevées près des villages révoltés pour la punition des méchants; les villages qui ne se soumettraient pas seraient brûlés. Saliceti se souvenait des colonnes infernales lancées par la Convention à travers la Vendée* Les termes de son manifeste furent atténués par ses collègues *.
Masséna se jeta en Calabre avec plus d'énergie qu'il n'en avait encore montré au service de Joseph. Celui-ci l'accompagna quelque temps, il le quitta dès Vietri et rentra à Naples dès qu'il eut reçu quelques bonnes nouvelles. Masséna au premier choc enleva Lauria où une bande s'était établie; il ordonna la destruction totale de la ville, jadis peuplée de 7 000 habitants, et qui ne