Miot de Melilo, H
fut plus qu'un monceau de ruines : ce châtiment répandit la terreur dans toute la Calabre. Reynier et Verdier furent débloqués à Cassano sans autre peine; d'ailleurs ils avaient vaillamment tenu» à distance les Anglais et les insurgés. Dès lors les Anglais se retirèrent, disparurent, se rembarquèrent pour la Sicile.
Les insurgés tinrent mieux. Sora fut emportée de vive force; une partie de la bande qui s'y trouvait fut passée au lil de l'épée. Masséna concentra ses forces à Cosenza, dont les habitants montraient de bonnes dispositions; de là ses colonnes, portées en tous sens, rétablirent Tordre dans toute la région. Une tentative sur Tarente fut arrêtée par le général Frégeville, qui fit exécuter le chef de bande Basile Jula. Fra Diavolo fut pris à Baronisi près de Salerne; Joseph en écrivait le !•*" novembre à Napoléon, alors engagé dans la campagne de Prusse : « Votre Majesté doit sourire que je lui parle de Fra Diavolo; lorsqu'elle recevra cette lettre, elle sera peut-être à Berlin. » En effet l'intérêt de la guerre de Calabre se perdait dès lors dans le bruit des grands événements de la quatrième coalition.
Masséna et Reynier poursuivirent méthodiquement Tœuvre de répression : 1 200 des « brigands » furent détruits près de Piscicolta dans le Cilento; Camerotta, « le petit Gaëte », leur fut enlevé. A Policastro, 1 500 rebelles furent battus et dispersés, Reynier en écrasa 2 500 à Sainte-Euphémie ; ce fut la vengeance de son échec de juillet; on en tua encore 102 à Torre di Mai'e près de Tarente; une bande fut jetée à la mer près de Manfredonia. Toutes les côtes ainsi furent dégagées ^
Masséna put pénétrer dans la Calabre méridionale; il fut reçu avec enthousiasme par la population de Monteleone. De nouveau Napoléon songeait qu'on pourrait bientôt préparer l'expédition de Sicile *. Cependant Amantea ne put être reprise qu'en janvier 1807, et, malgré les reproches de l'Empereur à son frère, les Anglais gardèrent encore plus d'un an Scylla et Reggio, commandant ainsi tout le passage du détroit de Messine. Joseph du moins eut quelque répit; l'année 1807 allait être plus tranquille : il eut du loisir pour l'application de ses doctrines de gouvernement.