D'HaussoDville, II, 16-19 : note de Consaivi
424 NAPLBS (1805-1807)
soupçonneuse sur la situation politique de la péninsule. 11 s'émut des intrigues qui se formaient sans cesse à Rome autour du roi de Sardaigne, par l'intermédiaire du ministre anglais Jackson et du ministre russe, le chevalier de Lizakewicz : Fesch demanda leur expulsion au gouvernement poniiûcal ^
L'approche des hostilités ne manqua pas de produire quelque agitation dans les esprits. Les partisans de la France manifestèrent bruyamment leur opinion; leurs adversaires leur répondirent du même ton; il y eut à Rome quelque désordre dont profllèrent ceux qui toujours y cherchent du profit. De mauvais sujets, pour s'assurer l'impunité, se servirent de la cocarde française dans la pensée d'éviter mieux la police; un soir, quatre méchants libertins, pour s'amuser, tuèrent deux pauvres marchands de concombres. L'émotion fut très vive un moment; la population se montra très irritée contre les Français; il en résulta pendant quelques jours une crise assez aiguë.
Fesch intervint. Il reprocha au gouvernement pontifical de ne pas empêcher l'abus que faisaient les malfaiteurs de la cocarde tricolore; il reprocha au cardinal Consaivi de laisser se développer cet état de désordre pour indisposer le peuple de Rome contre les Français; il rappela durement, parce que peut-être il avait quelque inquiétude pour lui-même, les responsabilités qu'avait eues la cour de Rome dans les meurtres de Bassville et de Duphot et ce qui en était résulté.
Le cardinal Consaivi releva vivement ces accusations; il eut avec le cardinal Fesch un échange de notes très vives, il parla déjà de donner sa démission; il se plaignit très amèrement à Talleyrand de la conduite du ministre de France*.
Consaivi faisait remonter le commencement de cette mésintelligence à l'époque du voyage pontifical à Paris. Il revendiquait hautement Thonneur d'avoir encouragé le Saint-Père à ce voyage : <c Tout le monde, disait-il, à Rome et ailleurs, le regarde comme mon second ouvrage après le Concordat. » Mais à Paris on lui savait mauvais gré de n'avoir pas accompagné le pape; on lui attribuait toutes les difficultés nées de l'application du Concordat en France ou en Italie, toutes les objections formulées contre les