AIT. Etr., Rome, 938, t
426 NAPLBS (1805-1807)
comme roi d'Italie éveillait eu effet toutes les inquiétudes au sujet de rindépendauce temporelle de la papauté : ces inquiétudes expliquent suffisamment la mauvaise volonté montrée dès lors par la papauté à Tégard de TEmpereur.
Le pape lui refusa la rupture du mariage de Jérôme Bonaparte avec M"' Paterson. Napoléon dut le rompre lui-même par un décret impérial, pour marier ensuite son frère avec Catherine de Wurtemberg : il ne manqua pas de faire part de ce nouveau mariage au pape : petite querelle, à laquelle pourtant TEmpereur attacha de l'importance, parce qu'il y voulut voir la preuve des nouvelles dispositions de la papauté \
Il avajt besoin de savoir à quoi s'en tenir, au moment où allaient commencer de nouvelles hostilités. La troisième coalition achevait de se constituer par l'adhésion de l'Autriche. L'Empereur, concentrant une armée dans la région de PAdige, rappela les troupes de Gouvion Saint-Cyr qui occupaient le royaume de Naples; craignant qu'elles ne fussent coupées dans leur retraite par les Russes de Gorfou ou par les Anglais, il fit occuper Ancône par le général Reynier. Le gouvernement romain se plaignit. Fesch répondit à Gonsalvi : « Pouvez-vous assurer que les ennemis ne débarqueront pas sur votre territoire? D'ailleurs Reynier quittera Ancône dès que Gouvion Saint-Gyr sera revenu dans la vallée du Pô^ »
Gouvion Saint-Cyr passé, Reynier se retira avec lui, mais laissa à Ancône une forte garnison sous le commandement du général Montrichard. Le pape fut très ému; les hostilités étaient partout ouvertes. On se battait sur TAdige; la grande armée avait franchi le Rhin et entrait dans la vallée du Danube; on annonçait un débarquement des Anglo-Russes dans le royaume de Naples comme en 1799. Le pape craignit « d'attirer sur lui les malheurs de la guerre », d'exciter la colère des ennemis de la France s'il ne protestait pas contre l'occupation d'Ancône. 11 parut prendre parti pour la coalition, comme la Prusse au moment de la violation de ses territoires d'Anspach et de Nuremberg; il menaça Napoléon d'une rupture, en lui adressant la lettre du 13 novembre 1805'.
1. Arch. nation., AF, IV, 1694. — Corr., X, 8781. — D^HaussonviUe, II, 24-43.