‹ Napoléon en ItalieChapitre 278 sur 423 · Aff. Etr., Rome, 938, r · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Rome, 938, r

3. Aff. Elr., Rome, 938, T' 375 et s. — D'Haussonvine, II, 64, 66.

Cette lellre est assez sèche; TEmpereur n'est plus appelé par le pape : « Notre Très Cher Fils en Jésus-Christ ». Le pape y dit la surprise et la douleur que lui a causées l'occupation d'Ancône : (( Notre neutralité a été reconnue par Votre Majesté comme par toutes les autres puissances; celles-ci l'ont pleinement respectée, et nous avions des motifs particuliers de croire que les sentiments d'amitié que Votre Majesté professait à notre égard nous auraient préservé d'un si cruel affront. Nous nous apercevons que nous nous sommes trompé. Nous vous le disons donc franchement : depuis notre retour de Paris nous n'avons éprouvé qu'amertumes et déplaisirs; nous ne trouvons pas chez Votre Majesté le retour des sentiments que nous nous croyions en droit d'attendre de sa justice. Ce que nous nous devons à nous-mêmes^ ce que nous imposent les obligations contractées envers nos propres sujets, c'est de réclamer de Votre Majesté l'évacuation d'Ancône, et nous ne verrions pas, si un refus nous était opposé, comment le concilier avec la continuation des bons rapports avec le ministre de Votre Majesté, ces rapports devenant en trop évidente contradiction avec le traitement que nous continuerions à recevoir dans cette affaire de la ville d'Ancône. »

L'Empereur ne répondit pas aussitôt; il attendit une occasion. Cependant Montrichard garda Ancône; les autorités pontificales lui refusèrent leur concours pour le logement et la subsistance de ses soldats ; il mit la ville en état de siège. Le pape n*était pas au bout de ses peines; Ancône demeura aux mains des Français pendant tout l'Empire : ce fut, après Taffaire des Légations, comme un second démembrement des terres de l'Église *.

Les Anglo-Russes, avec la connivence du gouvernement napolitain, marchaient sur Rome. Fesch demanda des instructions à l'Empereur : devait-il rester à son poste? — « Je n'ai pas peur, disait-il, mais enfin je ne voudrais pas me mettre dans le cas d'être envoyé en Russie prisonnier ou de périr pour avoir manqué d'avertir que je ne suis pas en sûreté à Rome. » Certes le cardinal Fesch n'avait pas peur, mais il aurait préféré être plus loin du péril. Napoléon, convaincu qu'en effet les ennemis allaient occuper les États pontificaux, permit à son oncle de se retirer à

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