‹ Napoléon en ItalieChapitre 279 sur 423 · Â(T. Etr., Rome, 938, f · texte numérisé non relu

Â(T. Etr., Rome, 938, f

Bologne « au moindre danger* ». Le gouvernement pontifical, inquiet aussi des conséquences que pouvait avoir la rupture de sa neutralité par les alliés, et des suites que l'Empereur y donnerait, envoya à Naples le chevalier Benvenuti pour demander aux orOciers russes et anglais de garantir la neutralité de TÉtat romain. Les Russes s'y refusèrent; les Anglais donnèrent des assurances vagues ; on est en droit de penser que si les circonstances leur étaient demeurées favorables, ils auraient sans scrupule occupé le territoire pontifical, comme en 1799. L'impuissance militaire du Saint-Siège était peut-être une force morale, en lui permettant de ne pas prendre parti; mais en cas de guerre elle était une singulière faiblesse et le mettait à la merci du plus fort.

La victoire d'Austerlitz fut décisive; elle détruisit le Saint Empire romain germanique et fit table rase devant le nouvel Empire d'Occident; elle révéla à Napoléon la conception impériale qui peu à peu se dessinait dans son esprit; elle détermina sa politique, en Allemagne et en Italie; elle étonna ses adversaires.

Son premier contre-coup fut de dégager la ligne de l'Adige. Le traité de Presbourg donna à l'Empereur, Roi d'Italie, la Vénélie, Tlstrie et la Dalmatie, ferma toute communication entre l'Autriche et ritalie, permit à Napoléon de réduire toute opposition dans la péninsule à Naples et à Rome. Masséna, qui commandait dans la vallée de l'Adige, fit face au Sud, prêt à exécuter la condamnation prononcée contre les Bourbons de Naples.

La cour de Rome, où les consciences sans doute n'étaient pas sans reproches, montra tout à coup les plus favorables dispositions à l'égard de la France. Il ne fut plus question de rupture avec le cardinal Fesch, et pourtant on n'avait pas encore de réponse de l'Empereur; dès le 12 décembre 1805, on donna des ordres pour fournir tout le nécessaire aux troupes françaises et italiennes stationnées dans les États du Saint-Siège '.

L'Empereur put enfin répondre à la lettre pontificale du 13 novembre précédent; la victoire accentua le ton de cette réponse, qui partit de Munich le 7 janvier 1806 : « Très Saint Père, je reçois une lettre de Voire Sainteté sous la date du 13 novembre.

1. Aiï. Elr., Rome, 938, r» 384-403. — Corr., XI, 9566, 9601.

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