‹ Napoléon en ItalieChapitre 281 sur 423 · Gorr., XI · texte numérisé non relu

Gorr., XI

2. Aff. Etr., Rome, 939, f« 9-12. — D'Haussonville, II, 81-85.

royaume de Naples; Masséna et Joseph en faisaient alors la conquête; il avait besoin des routes qui y conduisent et Ancône était une étape importante. Maître dès lors de toute Tltalie, il n'admit point que les États de TÉglise pussent échapper seuls à son action politique, demeurer le centre des intrigues ennemies, compromettre le développement de la conquête impériale, et il pensa profiter des dispositions conciliantes du pape pour lui faire reconnaître sa suzeraineté temporelle sur toute la péninsule. La crise allait s'ouvrir.

Ce fut Tobjet de la lettre du 13 février 1806; elle manifeste hautement la doctrine impériale de Napoléon, conforme à celle des empereurs du moyen âge et des empereurs romains. Après avoir invité Pie VU à détacher sa cause de celle des hérétiques : < Toute ritalie, disait-il, sera soumise sous ma loi. Je ne toucherai rien à Tindépendance du Saint-Siège; je lui ferai même payer les dépenses que lui occasionneraient les mouvements de mon armée; mais nos conditions doivent être que Votre Sainteté aura pour moi, dans le temporel, les mêmes égards que je lui porte pour le spirituel, et qu'elle cessera des ménagements inutiles envers des hérétiques ennemis de TÉglise et envers des puissances qui ne peuvent lui faire aucun bien. Votre Sainteté est souveraine de Rome; mais j'en suis TEmpereur. Tous mes ennemis doivent être les siens. Il n'est donc pas convenable qu'*aucun agent du roi de Sardaigne, aucun Anglais, Russe ni Suédois réside à Rome ou dans vos Ëtats, ni qu'aucun bâtiment appartenant à ces puissances entre dans vos ports ». Et il menaçait de sa colère les mauvais conseillers du pape. « Je sais que Votre Sainteté veut le bien; mais elle est environnée d'hommes qui ne le veulent pas, qui ont de mauvais principes, et qui, au lieu de travailler dans ces moments critiques à remédier aux maux qui se sont introduits, ne travaillent qu'à les aggraver; ils attireront des malheurs qui finiront par leur être funestes'. »

Il n'est pas facile de concevoir le sens d'une pareille expression : Votre Sainteté est souveraine de Rome; mais j'en suis l'Empereur; sans doute Napoléon employait le mot Empereur dans le sens romain, imperator, le chef des armées, le défenseur

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