‹ Napoléon en ItalieChapitre 283 sur 423 · Ait. Etr., Rome, 939, r · texte numérisé non relu

Ait. Etr., Rome, 939, r

2. AIT. Etr., Rome, 939, f" 81 : dépêche de Fesch, 1" avril 4806.

uDe sorte de paya ennemi au milieu de l'Italie devenue entièrement française : les malveillantes dispositions de la société romaine à l'égard de Napoléon en étaient entretenues. Les cours étrangères y trouvaient des renseignements précieux : un bâtiment de guerre sorti de Toulon ne pouvait passer en vue de Civita- Vecchia ou d*Os(ie, un bataillon expédié d'Ancône ou de Milan ne pouvait traverser les Étals du Saint-Siège sans être signalé à nos ennemis ^ Dans ces conditions les terres de TËglise compromettaient Tunité même du grand Empire.

Aussi le cardinal Fesch reçut-il à ce sujet des instructions vigoureuses : « Je ne suis point content de votre conduite. Vous ne montrez aucune fermeté pour mon service. Vous voudrez bien^ requérir l'expulsion des États du pape, de tous les Anglais, Russes, Suédois, et de toutes les personnes attachées à la cour de Sardaigne. 11 est fort ridicule qu'on ait voulu maintenir M. Jackson à Rome; s'il y est encore, requérez-en l'arrestation : c'est un agent des Russes. Aucun bâtiment suédois, anglais ni russe ne doit entrer dans les États du pape; sans quoi, je les ferai confisquer. Je n'entends plus que la cour de Rome se mêle de politique. Je protégerai ses États contre tout le monde... Je donne ordre au prince Joseph de vous prêter main-forte et je vous rends responsable de l'exécution de ces deux points : l*" l'expulsion des Anglais, Russes, Suédois et Sardes de Rome et de TÉtat romain; 2* l'interdiction des ports aux navires de ces puissances. Dites bien que j'ai les yeux ouverts; que je ne suis trompé qu'autant que je le veux bien; que je suis Charlemagne, l'épée de l'Église, leur empereur; que je dois être traité de môme; qu'ils ne doivent pas savoir qu'il y a un empire de Russie. Je fais connaître au pape mes intentions en peu de mots. S'il n'y acquiesce pas, je le réduirai à la même condition qu'il était avant Charlemagne*. »

El le cardinal Fesch épouvanté fit de son mieux pour amener le gouvernement pontifical à expulser les Anglais et les Russes, à ne point résister aux décrets immuables de la Providence : « Très Saint Père, les grands événements qui se succèdent avec rapidité n'arrivent sans doute que par un ordre supérieur et par la volonté

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